Avant d’aller au Howard Day

Avant d’aller au… Howard Day !

Le 10 avril au festival des Mondes de l’Imaginaire de Paris
(au beffroi de Montrouge), organisé par David Camus

Journée Robert E. Howard : Hommage aux Grands Anciens

Une journée spéciale consacrée au créateur de Conan, Solomon Kane… préparée par le spécialiste français de Robert E. Howard : Patrice Louinet !

Conférences, dédicaces, exposition…
Découvrez d’autres informations sur la
page Facebook dédiée à l’évènement.

01_affichePlusieurs conférences et une magnifique exposition seront consacrées à Robert E. Howard. Dimanche 10 avril après-midi, un cycle de conférences organisée par Patrice Louinet rendra hommage aux personnalités – François Truchaud, Nicollet, Jean-Pierre Dionnet, Hélène Oswald, etc. – qui nous ont permis de découvrir Robert E. Howard, en France. Par ailleurs, nous préparons la venue de nombreuses œuvres originales de Nicollet, à qui l’on doit plusieurs couvertures de NEO. C’est un peu compliqué à monter – mais ce sera un événement exceptionnel, à ne pas manquer ! – David Camus sur le site ActuSF.

Le festival des mondes imaginaires, c’est deux jours de festivités avec François Baranger, Philippe Curval, Didier Guiserix (interviewé lors de cet évènement) et un paquet d’invités (comme vous pouvez le voir à cette adresse). Mais les festivals, à Paris, sont énormes. Trop grands pour être entièrement couverts par le poulpe que je suis. Qu’à cela ne tienne ! Nous nous rendons à la capitale pour la seconde fois, après le Salon Fantastique (où nous avons eu la chance d’interviewer les splendides auteurs des éditions Luciférines), pour rencontrer les spécialistes de notre second écrivain favori…

Après H.P. Lovecraft, R.E. Howard :

Un reportage pour faire suite à celui réalisé à la Necronomi’con où nous avons eu la joie de rencontrer Patrice Louinet ainsi que plusieurs intervenants que nous reverrons à l’occasion du Howard Day. Necronomi’con : un festival signé AoA (une petite introduction), suivie du reportage, des interviews et des retranscriptions des conférences !

02_pelucheComme lors de la Necronomi’con, un jeu est organisé par le poulpe : si vous désirez être détenteur d’une carte postale Baby Cthulhu réalisée par votre serviteur, il vous suffit de repérer une belle peluche faite main pour l’occasion et de lui faire un… FREE HUG DU BARBARE !

Découvrez le fandom français de Robert E. Howard sur robert-e-howard.fr
Le programme du festival des Mondes de l’Imaginaire à cette adresse

14h00-14h30 : REH en France : la Préhistoire
Avec Joseph Altairac et François Truchaud

Joseph Altairac est critique littéraire, essayiste, anthologiste et traducteur, spécialiste de science-fiction populaire, notamment de A.E. Van Gogt et de H.G. Wells. Grand amateur de récits comme de bandes dessinées, il est bien connu dans le milieu lovecraftien grâce à ces fanzines tels que les Cahiers d’études lovecraftiennes reprenant le magazine américain Lovecraft Studies.

François Truchaud Tout lecteur digne de ce nom a forcément entendu parler de François Truchaud, lu ses préfaces, possède ses anthologies et se plonge régulièrement dans ses traductions… D’autres peuvent également se remémorer les albums de bande dessinée qu’il scénarise. Travaillant pour les éditions NéO, nous lui devons la parution d’une anthologie howardienne, mais aussi celle du cahier de l’Herne spécial Lovecraft. Quant à ses traductions, elles sont légion… C’est grandement grâce à lui que nous devons de connaître R.E. Howard en France.

03_neo14h30-15h30 : REH en bandes dessinées
Avec Jean-Pierre Dionnet et François Truchaud

Jean-Pierre Dionnet (son Wikipedia), en plus d’être scénariste de bandes dessinées, est aussi producteur, journaliste et éditeur. Grâce à lui nous avons eu la joie de découvrir de nombreux auteurs, dessinateurs et artistes en tout genre qu’il promeut par le biais de plusieurs médias dont, jadis, la télévision avec entre autres l’émission Cinéma de quartier. Grand nom de la BD francophone, certains le connaissent au travers du magazine Métal Hurlant, dont il est l’un des fondateurs. D’autres par le biais du magazine Les enfants du rock. Nous l’avions interviewé lors du festival Bloody Week-end en 2015 et je vous propose, à la suite, un petit résumé de notre entretien. Pour en savoir plus sur sa carrière en dehors de la bande dessinée, il vous suffit de cliquer sur le lien précédent.

16h00-17h15 : Les années NéO
Avec François Truchaud et Jean-Michel Nicollet

Jean-Michel Nicollet (Wikipédia) travailla pour les Nouvelles Éditions Oswald en tant que graphiste. Ces éditions spécialisées dans le récit populaire éditaient entre autres les écrits de Clark Ashton Smith et de Robert E. Howard. Leurs couvertures sont toutes dues à cet illustrateur également auteur de bandes dessinées. Vous pourrez admirer leurs originaux, de magnifiques acryliques, lors du festival !

17h30-17h45 : Hommage à François Truchaud
Avec François Truchaud et Patrice Louinet

Patrice Louinet est traducteur, essayiste, spécialiste de R.E. Howard. Nous lui devons la publication et les nouvelles traductions des histoires de ce grand auteur aux éditions Bragelonne, ainsi que le Guide Howard publié par les éditions ActuSF. Un livre « regorgeant d’informations inédites qui explore les multiples facettes d’une œuvre riche, tord le cou aux derniers préjugés, et nous donne mille et une raisons de le (re)lire encore et toujours ». Organisateur du Howard Day, il eut l’occasion de nous renseigner sur sa passion pour Bob Howard lors du Necronomi’con de Lyon en 2015. Il traduit et regroupe actuellement la correspondance entre H.P. Lovecraft et R.E. Howard avec David Camus. C’est ce qu’il appelle l’une des correspondances majeures de la littérature entre deux penseurs du XXe siècle, « deux auteurs majeurs de la littérature d’imagination, qui abordent des kilotonnes de sujets différents, comme les Celtes, le métier d’écrivain, le Fantastique, en passant par leurs voyages, le climat, leurs plats préférés, les animaux domestiques… »

04_louinetCi-dessus, Patrice Louinet lors de la Necronomi’con lyonnaise en 2015.

Voilà ce qu’il nous dit de leur passionnante amitié : « Au début de leurs conversations, Howard est vraiment intimidé par Lovecraft. Et peu à peu, c’est lui qui va prendre l’ascendant sur cet écrivain. Vers la fin, il y a une sorte d’hostilité subjacente entre les deux hommes, Howard balance sans arrêt des “piques” concernant la prise de position politique d’HPL, car il est beaucoup plus libertaire que son correspondant. » Contrairement aux idées reçues, ajoute-t-il, la vie de Robert E. Howard a été assez gaie. « Il a écrit énormément de textes humoristiques. Sur les derniers mois de sa vie, ça a été autre chose... » Patrice Louinet apprécie énormément ces textes, notamment les nouvelles de boxe qu’il considère comme étant absolument extraordinaires. « L’humour repose sur le type de langage, les expressions et les onomatopées, ce qui fait qu’elles sont quasiment impossibles à traduire en français. Howard est un des rares créateurs qui réussit à me faire rire à voix haute pendant sa lecture et ses adaptations en BD et en film. Nous associons souvent l’image de Howard à quelqu’un de sombre, mais il a écrit une soixantaine de textes bidonnants. »

Codirecteur de la R. E. Howard Foundation, Patrice Louinet promeut œuvres et études concernant cet écrivain en se rendant à des conventions, en mettant à disposition de bonnes versions des textes de REH, en s’assurant que toutes les parutions le concernant soient les plus respectueuses possible et en publiant de nouveaux livres aussi bien en France qu’aux USA. Howard, nous dit-il, est au centre de toutes ses recherches. Patrice Louinet « respire Howard », allant même jusqu’à lui dédier une thèse baptisée Traumas et conflits symboliques dans l’œuvre de Robert E. Howard… Il commença par diriger l’intégrale des nouvelles de R.E.H pour le marché anglo-saxon, retranscrites par ses soins d’après les manuscrits originaux. Un projet qu’il acheva en 2003. De retour en France avec pour ambition de « redonner à Howard la place qui est logiquement la sienne dans l’histoire de la fantasy sur le marché français », P. Louinet devint traducteur par la force des choses. Voilà ce qu’il nous révéla de son entreprise pour éditer « comme il l’entendait » les précieuses nouvelles :

« J’ai passé un coup de fil assez épique à Bragelonne. Épique, car je suis tombé directement sur Stéphane Marsan, le directeur. Il n’était pas très motivé pour publier Howard, mais m’a donné rendez-vous et je suis passé avec mon gros paquet de photocopies des manuscrits originaux et des éditions américaines hyper luxueuses. Je lui ai expliqué mon travail, comment publier les nouvelles dans l’ordre, etc. Mais je n’avais aucune idée de comment traduire tout cela. Je voulais juste diriger la collection. Je me foutais de savoir qui serait le traducteur, par contre je voulais passer derrière tout les textes pour vérifier chaque ligne. Pourquoi ne les traduis-tu pas toi même ? M’a-t-il répondu. C’est possible ? Et bien, voilà, je l’ai fait, je suis devenu traducteur. J’ai commencé à traduire Howard et maintenant je ne sais plus combien de livres j’ai à mon actif. Je pense qu’il est important pour un traducteur de bien connaître son auteur et d’avoir une certaine affinité pour ses thèmes afin de pouvoir se projeter ou se perdre dans ses textes. »

05_bragelonneLa plupart des récits de R.E. Howard ont été publiés dans Weird Tales. Ses nouvelles, ainsi que celles de H.P. Lovecraft et de Clark Ashton Smith, les « trois mousquetaires » de ce pulp, connurent un vaste succès… Après la mort de ces derniers. Comme cela fut le cas pour de nombreux écrivains, leur vie et leurs histoires ont tendance à se dénaturer sous le coup des préjugés. Il est donc important d’entretenir leurs mémoires par le biais de conventions et de publications diverses. L’œuvre de Clark Ashton Smith n’est pas aussi populaire qu’elle le devrait. En France, il n’y a guère que les éditions de la Clef d’Argent pour éditer ses poèmes (ses nouvelles ont été traduites dans les années soixante-dix/quatre-vingts et sont uniquement trouvables en anthologies sur le marché de l’occasion). Pourquoi donc ne pouvons-nous pas trouver de réel fandom de cet écrivain qu’HPL surnommait amicalement Klarkash-Ton ? Pour Patrice Louinet, cela vient du fait qu’il ne possède pas de réelle cosmogonie dans laquelle quelqu’un peut vendre un produit dérivé. Injustice que nous pouvons également discerner dans les premiers temps des publications des nouvelles de R.E. Howard. Voici un sujet qui sera traité lors des conférences du Howard Day.

« Dans les nouvelles de H.P. Lovecraft, il n’y a pas de côté mélodramatique. Il part d’un constat, et l’amène jusqu’au bout. Il n’y a aucune morale, pas de manichéisme, et c’est étonnant de voir qu’une chose pareille puisse paraître dans les pulps américains de l’époque car le lectorat est pétri de puritanisme. Nous avons un auteur athée qui pose une conception mécaniste du cosmos. Quoi qu’on fasse, on va crever, c’est comme ça ! Ce côté nihiliste est aussi dans les nouvelles de Conan. L’histoire commence avec un cataclysme, tout le monde meurt, Conan et ses potes arrivent, ils font plein de choses, puis à la fin il y a un cataclysme, tout le monde meurt. Ce sont des nouvelles très sombres. Cette conception de l’écriture n’arrive qu’aujourd’hui dans la littérature populaire avec G.R.R. Martin, par exemple. Les héros susceptibles de sauver le monde meurent. Tout le monde trouve ce concept génial, mais ça fait des années qu’il existe. » – Patrice Louinet.

Les précédentes interviews sur l’Antre du poulpe !

Robert E. Howard en bande dessinée, ce sont les aventures de Conan chez Marvel, mais pas seulement. Pour nous conter le parcourt de personnages tels que Solomon Kane ou Red Sonja, super héros marquants de la culture populaire américaine, cela nécessite de faire appel à un spécialiste du genre : Jean-Pierre Dionnet.

06_dionnetCi-dessus, Jean-Pierre Dionnet lors du Bloody WE d’Audincourt en 2015.

C’est la passion de Jean-Pierre Dionnet pour la bande dessinée qui l’a conduit à se créer un nom dans ce domaine. Ami de Philippe Druillet, il s’initia très tôt au métier de scénariste pour le magazine Pilote. Pourtant ces premières BD ne trouvent pas leurs places sur le marché… Après quelques publications dans l’Écho des Savanes aux cotés de Nikita Mandryka, il devient rédacteur en chef adjoint de ce magazine et crée plusieurs dérivés dont Métal Hurlant. Il fonde alors son propre magazine en compagnie de P. Druilet et de Moebius, publie l’un de ses plus grands succès : Exterminateur17, en collaboration avec Enki Bilal, ainsi que de nombreuses autres BD avant de se tourner vers la télévision, la distribution de films et la production. Pour Jean-Pierre Dionnet, la bande dessinée à un gros avantage en comparaison à la production cinématographique :

« Comme c’est une économie réduite, on peut faire des choses qu’on ne pourrait pas faire dans d’autres médias comme le cinéma. On peut être beaucoup plus audacieux. On peut réaliser des choses qui ne pourraient pas faire un film. On peut aussi réaliser des choses qui pourraient faire un film cher. Et on peut faire de la BD par simple plaisir. La bande dessinée est un mariage. C’est-à-dire que l’on travaille avec un dessinateur avec qui il vaut mieux s’entendre dès le départ. Si on ne sent pas le mec et qu’on se dit que ça va aller quand même, on est déjà divorcé. Il faut se comprendre. J’ai eu une entente parfaite avec les trois quarts des gens avec qui j’ai travaillé. Je suis un scénariste un peu chiant parce que je décris chaque image, quitte à ce que le dessinateur change et trouve mieux. Je n’aime pas les scénaristes un peu paresseux qui ne décrivent pas assez ce qu’ils veulent et qui laissent le dessinateur se démerder. Je pense que le scénariste doit déjà avoir une vision de ce qu’il veut.

C’est un beau métier, la bande dessinée. Et quand on a le résultat d’une collaboration devant les yeux, parfois, on se rend compte qu’à la page dix il y a un personnage qui est vachement mieux qu’on le pensait. Alors on décide de lui donner un plus grand rôle. C’est comme lorsqu’on fait un casting de film et qu’on se rend compte que l’un des figurants joue vachement mieux que les autres. Alors on le ramène au premier plan. Les metteurs en scène que je connais me disent souvent que des acteurs leur ont bien cassé les pieds… C’est une histoire d’égo. Entre scénariste et dessinateur, il n’y a pas d’histoire d’égo. La grande différence c’est que le scénariste est dans l’ombre, il conçoit un monde avec un plaisir infini. Quand il voit la planche finie, les images qu’il a imaginé se retrouvent dessinées par quelqu’un d’autre, soient exactement comme il les voyait, soient mieux, différentes. C’était un super métier qui, hélas, est en train de disparaître, car trop d’albums paraissent.

07_comicsÀ l’époque où j’ai commencé, trois cents albums paraissaient par an. Maintenant il en paraît cinq milles. Plus à peu près quatre mille mangas, plus les comics. Donc c’est impossible de suivre. Comme aucun éditeur ne veut freiner le rythme des parutions. On est dans une course qui risque de finir mal. C’est-à-dire qu’il y aura quelques œuvres populaires qui marcheront toujours, quelques auteurs s’imposeront. Quand les auteurs de BD se plaignent, c’est avec raisons. C’est un métier à risque parce qu’on ne sait jamais si les gens aimeront votre bouquin, ou s’ils le verront. Il peut ne marcher que dans vingt ans ! »

Jean-Pierre Dionnet aime autant créer que partager. D’après lui, il est de son devoir de faire découvrir de nouvelles œuvres, différents aspects des personnalités qu’il a rencontré… C’est ce qu’il appelle son rôle de passeur qu’il alterne avec son métier d’auteur. Parfois, ces deux « vies » se mêlent. La Machine à Rêver est un livre traitant des rapports que l’on a avec avec la bande dessinée, et représentant les grands dessinateurs qu’il a connus, leurs façons de penser, et, dit-il, leurs tords « parce qu’un auteur n’est pas le mieux placé pour parler de son œuvre. »

« J’ai la chance de faire le métier que je veux et quand de jeunes auteurs se plaignent des périodes difficiles, je leur dis : tu veux la bonne nouvelle, ou la mauvaise ? La bonne c’est que si tu fais le métier que tu veux c’est merveilleux. La mauvaise, c’est que si tu as devant toi quarante ans de carrière, tu vas avoir vingt ans (avec de la chance) formidables et vingt ans horribles. C’est comme ça. Tu n’as pas le droit de te plaindre, parce que tu fais ce que tu veux.

Je dis toujours qu’il ne faut pas se cantonner à un domaine. Les gens qui sont uniquement Rock’n’roll, ou uniquement cinéma Bis, ou uniquement amateurs de jeux vidéo se privent de beaucoup de choses. Il y a des trucs bien dans tous les domaines. Évidemment qu’on ne peut pas tout absorber, certaines choses sont chronophages. L’important c’est de faire le maximum et de se dire que, l’un dans l’autre, on a à peu près fait ce que l’on a voulu et on a transmis le flambeau.

08_photoCe qui me plait, c’est le monde du rêve, des mythologies, des symboles. Je ne crois pas en Dieu, mais je pense qu’on a un savoir, quelque chose de très ancien, tout le savoir de l’univers, dans la tête. On a des moments d’illumination dans la vie. On a parfois l’impression d’appartenir à l’Univers, et qu’il nous appartient. On a l’impression de faire partie de quelque chose d’immense. Je crois en la transcendance. Je crois que nous sommes beaucoup plus et beaucoup moins que ce que nous croyons. C’est pour cela que je préfère les rêveurs, car ils cherchent cet absolu. Le monde réel ne m’intéresse pas trop, parce que c’est pesant. J’ai envie de m’envoler. Le problème c’est que comme je n’ai pas d’ailes, je me casse la gueule au bout d’un certain temps.

La vie d’artiste c’est une vie d’égoïste. On peut choisir d’avoir une vie de famille, ce que j’ai eu très tard. Après viennent les choses normales. On voit la vie différemment. C’est chouette aussi la famille, car j’ai vécu longtemps dans le rêve et je me suis éloigné de mes proches. Le risque quand on vit dans sa tête c’est de se couper du réel. À un moment j’étais peut-être un peu dans la matrice. Maintenant j’y retourne beaucoup, car le monde réel me déplait. Je n’ai pas envie de lire les actualités, je n’ai pas envie que l’on me dise que ça va mal. Ça ne m’intéresse pas parce que je ne peux rien échanger. J’essaie juste de fréquenter quelques mecs un peu fous, d’aller voir quelques concerts, quelques films.

Je sais maintenant que je ne pourrais pas changer le monde. Par contre, chaque fois que j’écrirais un livre, je raconterais l’histoire de rêveurs qui ont voulu changer le monde. Fitzgerald disait que quand on sait que les choses sont désespérées, on est cependant décidé à les changer. Je crois qu’il ne faut jamais perdre la foi. Je ne crois plus que ça ne sert à rien de militer pour quelques causes que ce soit, il faut quand même continuer. J’ai eu une vie magnifique. Je ne suis pas au crépuscule, mais je suis à l’automne. J’ai envie de faire les derniers combats avec un peu de panache. J’ai envie de faire la charge de la brigade légère. J’aimerais bien faire quelques trucs super, et puis ça sera au suivant. »

09_camusCi-dessus, David Camus lors de la Necronomi’con lyonnaise en 2015.

David Camus, l’organisateur du festival des Mondes de l’Imaginaire, est traducteur ainsi que romancier (son blog). Nous l’avons interviewé lors de la Necronomi’con au sujet de H.P. Lovecraft en tant qu’auteur, qu’homme, et lui avons posé quelques questions sur ses nouvelles qu’il retraduit pour le compte de plusieurs éditeurs. Pour suivre la parution de la correspondance entre HPL et REH, lui et Patrice Louinet prévoient de regrouper le meilleur des nouvelles parues au sein de Weird Tales en un « best-off » qu’il nous tarde de découvrir !

Hélène Oswald sera peut-être également présente en ce jour mémorable ou l’on boira à la mémoire de R.E. Howard ! …Notamment en profitant de la cuvée spéciale REH préparée par un certain Olivier de la micro-brasserie My Red, une India Pale Ale montrougienne… Hélène Oswald est, vous l’avez peut-être deviné, la fondatrice, avec Pierre-Jean Oswald, des éditions NéO !

Le Howard day se rapproche et je vous promets donc un reportage… musclé, qui paraitra la semaine suivant l’évènement. D’ici là, je vous souhaite une bonne semaine et espère vous voir parmi nous en ce week-end du 9 et 10 avril à Paris ! Sinon, je ferais mon possible pour retranscrire les conférences que vous aurez loupées ;)

Poulpy.

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A propos poulpinounet

Poulpy, c'est un poulpe à tout faire. Il se doit de disperser ses tentacules sur plein de supports... Ce poulpe est graphiste (donc masochiste), il parle de lui à la troisième personne (sérieux ?), est reporter (surtout), et critique. Minimoi s’essaie donc à au dessin, à la photo, et aussi : j’écris (un peu). Mes dessins font place à des montages, les montages à des textes, des histoires, des articles... Blogueur invétéré, Poulp(inounet) ne fait pas que promouvoir la culture, il crée également ses propres œuvres, pour lui comme pour d'autres.
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4 commentaires pour Avant d’aller au Howard Day

  1. Pallantides dit :

    Merci pour ce superbe article. Hâte de lire ton compte-rendu de la journée Howard.

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