Édouard, l’araignée du soir

Édouard, l’araignée du soir
Aux Éditions La Clef d’Argent

Une histoire de Philippe Gindre illustrée par Poulpy (moi !)
Les aventures d’Édouard 1
, collection Jeunesse à partir de 6 ans.

00_coverÉdouard est une petite araignée qui en a assez des grincheux et des mal lunés. Il décide de parcourir le vaste monde à la recherche de compagnons un peu moins grognons. Édouard ne le sait pas encore, mais il n’est pas au bout de ses surprises ! – Cf. La Clef d’Argent.

01_page— extrait des premières pages d’Édouard, l’araignée du soir disponible sur le site de La Clef d’Argent (vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir) où vous pouvez vous procurer ce livre et des informations complémentaires.

02_extraitUne histoire toute en légèreté, écrite par Philippe Gindre et joliment illustrée par les soins, souvent bluffants, du céphalopode poulpinesque dont c’est ici la première publication. – Jean-Pierre Favard sur Le monde de Matéo.

— Édouard sur ActuSF et la page Facebook de La Clef d’Argent.

À propos des auteurs :

Philippe Gindre est le co-fondateur, avec Philippe Dougnier, de La Clef d’Argent. Végane, espérantophone, gardien de chats, lexicologue, traducteur infréquent et nouvelliste procrastinateur, il a notamment dirigé le Codex Atlanticus, anthologie permanente du fantastique, réédité Le Livre de la Mort, recueil de contes macabres d’Édouard Ganche, ou traduit Nostalgie de l’Inconnu, l’intégrale des poèmes en prose de Clark Ashton Smith. – des liens pour des articles où l’on parle de lui sur sa page de présentation à clefargent.free.fr.

03_gindrePoulpy fut, Poulpy est, et Poulpy sera. Poulpy blogue et dessine, serein et primordial, adimentionnel et invisible à nos yeux, non dans les espaces que nous connaissons, mais entre eux. Sur wordpress. Sur tumblr. Sur facebook. Et chez nous aussi, désormais. Enfin, chez nous Poulpy dessine seulement, mais pas qu’un peu. Son style se caractérise par une minutie prodigieuse et une patience infinie. À moins que ce ne soit l’inverse. – Poulpy sur clefargent.free.fr, visionnez également une carte postale « kawaï Cthulhu ».

Nul besoin de vous présenter ce blog afin de compléter la présentation. Toutefois, si l’envie vous prenait d’en apprendre plus sur votre serviteur, nous vous rappelons que nous nous sommes dotés d’une page prèz et partenaires, et que des projets, pour l’instant en recherche d’éditeur, vous étonneront surement, car je n’ai pas rangé mes stylos ! Passons. Nous sommes ici pour vous parler de ce cher Édouard, avec qui je passai une année, disons… engluante et néanmoins aventureuse :

04_poulpyLa naissance d’Édouard, l’araignée du soir

Paraîtrait qu’une araignée qui descend sur son fil est de bon présage. Que dire alors d’Édouard, ma première publication pleine d’espoirs ? L’histoire est de Philippe Gindre, c’est son premier livre pour enfants. Enfin, pour enfants peu recommandables. Nous avons tenté de concevoir  » un truc entre Le petit enfant huître de Burton et L’invité douteux de Gorey « , mais en pas pareil. C’est du moins comme cela que Philippe Gindre m’a décrit le synopsis avant de me l’envoyer. Si l’intention était que les designs ressortent de cette façon, il faut dire qu’ils sont plus poulpèsques qu’autre chose. J’ai ajouté, vous me direz, bien trop de petits traits, pour faire mal aux têtes des lecteurs. En tout cas, si l’histoire est Gindresque, vous trouverez qu’elle se classe bien entre ces deux œuvres, dans sa respectable petitesse, du point de vue de sa noirceur.

Je ne doute pas que ce petit livre arrivera à se faufiler entre les parutions habituelles de La Clef d’Argent. Et cela malgré son aspect très différent des titres de la collection jeunesse, qui s’adressent à un public plus âgé. Nous n’y trouvions, à partir de maintenant, seulement les excellentes (à ce qu’on m’a dit) séries de romans de Pierre Gemme et de Pierre Stozle. Édouard, l’araignée du soir est une publication que l’on pourrait qualifier d’expérimentale.

05_bonus— D’ailleurs, en parlant  » expérimentale « , voici un des tout premiers dessins d’Édouard.

Édouard, l’araignée du soir à l’allure des vieux contes des années soixante-dix, la grande époque du feutre rotring. Pour ma part, étant gaucher et n’aimant pas me tacher les doigts avec de l’encre, j’ai opté pour de simples Stadler 0.2, noir sur papier d’imprimerie (le poulpe ne se sera pas foulé question matos). Vous n’imaginez pas combien il m’a fallu de stylos, ni même combien de ramettes de papier ont été noircies avant que le rendu soit atteint !

Ma méthode, à améliorer, j’appelle ça du semi-artisanal. On créer chaque plan un par un sur une feuille différente, qu’on scanne, puis on superpose les éléments, recadre, bidouille sur Photoshop. Parce que, contrairement à ce qu’on croit, ce logiciel ne sert pas qu’à enlever les boutons des gens sur les photos publicitaires ! J’ai voulu vous étonner un peu en faisant de l’ultra détaillé, ce qui m’a pris pas mal de temps. Environ quatre après-midi pour chaque dessin. C’est beaucoup, et peu, si l’on compare avec d’autres techniques. Vous ne voyez qu’une petite partie des arrières-plans réalisés. Pas seulement parce que je ne souhaite pas vous révéler l’ensemble des dessins, mais parce qu’une partie est tronquée, cachée par les éléments des premiers plans et massicotée sur les côtés. Vous remarquez aussi que les décors sont très plats. Il y a rarement de perspectives. Ça aussi, c’est voulu. C’est un style. Maintenant je vais sûrement passer à autre chose… D’ailleurs, mon prochain projet présente des dessins totalement « artisanaux » où les décors se fondent dans les personnages. Il n’y a pas d’arrière-plans… J’ai hâte de vous présenter cette nouvelle série !

06_mouche— Édouard et sa mouche, page tirée du livre.

Le poulpe que je suis apprécie beaucoup les illustrations au stylo. J’aime l’idée de concevoir des dessins monochromes, tout comme les graphistes d’autrefois (même si je n’aurais jamais un tel niveau) et de nombreux artistes qui enchantent les pages de romans jalousement gardés par les cerbères de ma bibliothèque. Philippe m’a avoué avoir cette même préférence. On comprend pourquoi il aime tant travailler avec le génial Fernando Goncalvès-Félix, que je vous présentais dans cet article.

Philippe, donc, recherchait ce trait uniforme, « calibré », qu’on n’obtient qu’en dessinant au stylo. Sans passer par l’ordinateur, bien sûr… Ça m’arrange. La plume, les dégradés, c’est pas mon truc. Et quiconque ayant tenté le dessin à la tablette graphique se rend vite compte que le rendu est totalement différent de ce que nous réalisons sur un support papier. Pas forcément plus nul. Juste différent.  » Le stylo a un côté plus archétypal, plus idéal que la plume. Moins maniéré, plus universel. Et ça se prête bien à remplir une page comme ça, petit à petit « , m’a dit Philippe. Je trouve aussi, et le fait qu’il apprécie mon style  » travaillé et minutieux où la forme prime sur le mouvement  » m’a vraiment comblé : je ne savais pas ce que valaient mes gribouillis ! J’espère qu’ils valent toujours ce compliment. Parce qu’avant d’atteindre le niveau de Fernando, il m’en faudra en noircir, des feuilles.

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— Édouard dans la rosée du matin, inédit/les premières dédicaces !

Avec ce bébé dans les étagères de ma bibliothèque, je peux presque me considérer comme un graphiste de la Clef d’Argent ! Ça, c’est motivant ! Car long est le chemin à parcourir pour le jeune illustrateur. Je me sens tel un ronin appartenant à une ère déclinante où mon style ne peut s’introduire dans les courants artistiques récents (oh, monde cruel !). Un amateur ne peut s’adapter à un marché en voie de disparition… Je ne sais si l’expérience se renouvellera… Surtout, le statut de graphiste ne s’atteint pas à mon niveau. Le Poulpe ne joue pas encore dans la cour des grands. Il se pose, vous le comprendrez, pas mal de questions sur sa petite carrière qui ne peut encore porter ce nom… Enfin, le dessin, ce n’est pas vraiment un travail n’est-ce pas ? C’est plutôt un passe-temps détendant, un jeu où l’on réfléchit, puis où l’on se laisse aller…

Le noir est blanc c’est pratique pour une question de coup d’impression. Malheureusement, le poulpe a du faire trop de petits traits, de nuances, pour un coup d’impression n’atteignant pas des sommets… J’espère que c’est pardonnable. Les aventures de Coolter et Quincampoix écrites par Jonas Lenn d’après des personnages inventés par Philippe Gindre, sont elles aussi illustrés, mais d’une façon plus comics, plus enfantines. J’aurais bien aimé voir ce que quelqu’un comme Patric Mallet, autre graphiste à La Clef d’Argent, aurait fait d’Édouard.

08_neige— Édouard dans la neige, inédit.

Philippe m’a donné plein d’idées de graphismes. Pourtant, il fallait que le rendu soit poulpesque. Je n’arrivais à rien en copiant sur les autres. Et le domaine de l’illustration est bien trop vaste pour que nous puissions appréhender toutes les écoles.  » En France il y a eu des tas de gens intéressants dans ce domaine-là, mais j’ai du mal à m’y intéresser vraiment parce que les artistes sont presque tout le temps passé par le surréalisme ou la pataphysique, comme Roland Topor.  » (Ouais, la pataphysique… Ça ne parle pas trop à ma génération !).

 » Ce qu’ils font se dilue dans des effets de style un peu précieux. Ils intellectualisent trop, c’est trop m’as-tu-vu. Glen Baxter fait un peu ça, c’est limite snob, mais il sait s’arrêter juste avant que ça devienne lourdingue. Du coup c’est rigolo. Claude Serre avait des idées géniales, mais il a un style qui se rapproche bizarrement de la caricature de presse, ça casse l’ambiance. Sinon pour moi le maître absolu c’est Franquin dans les Idées noires mais son style est parfois presque trop touffu. Les Petits contes noirs de Pierre et Franck Le Gall sont super, mais eux, ils font de l’ombre chinoise exclusivement. C’est particulier graphiquement. Mais très rigolo. Et Lewis Trondheim bien sûr…  » Comprenez l’exigence du maitre Phillipe Gindre ! Je n’en menais pas large.

09_chipougne— Édouard et Chipougne à Damparis au festival Texte et bulle en 2016.

Ceci fait partie du scénario : Édouard devait ressembler à l’araignée souriante d’Odilon Redon. Du moins, je suis parti sur cette idée. Le héros devait être expressif. Figurez-vous que, de toutes les expressions au monde, la plus difficile à représenter est la joie. Alors une araignée qui sourit… C’est un chalenge. Édouard devait avoir un air plus » humain « , plus typé, que les autres spécimens d’araignée qu’il rencontre dans ses voyages.  » Il ne faudrait pas qu’il fasse peur aux arachnophobes « , me suis-je dit. Le lecteur préfère généralement un héros dans lequel il peut s’identifier, et donc plus anthropomorphique que les personnages secondaires. Le résultat est-il à votre goût ? Les premières araignées que nous rencontrons sont de la même espèce que lui. Elles ont le même design. Pour les différencier, j’ai joué sur les expressions. On ne peut pas les traduire par leurs bouches à cause des mandibules. Tout passe par la gestuelle et par les regards.

Ma première version d’Édouard avait des yeux partout. Il était réaliste… Il faisait peur, par contre ! Je ne l’ai pas transformé en personnage de cartoon et j’ai joué avec des éléments naturels au lieu de l’habiller, de le  » schtroumpfer « . C’est un peu ridiculisant, pour un animal, je pense, de porter de petites culottes et de vivre dans des maisons au lieu de terriers. Édouard, l’araignée du soir n’est pas un récit supposé  » intercaler un modèle sociétaire dans un cadre animalier proche de la compréhension des enfants « . J’ai laissé ses préoccupations de côté pour tenter d’appréhender l’histoire pour ce qu’elle est : la quête solitaire d’une toute petite araignée en vadrouille dans le vaste monde.

10_montagne— le Mont-blanc, que vous ne verrez qu’ici dans toute sa longueur.

Le vaste monde, il est essentiel dans cette histoire. Édouard passe par une quantité de pays, donc par une quantité de terrains. Les  » paysages  » peuvent paraître très classiques. C’est ce que je n’aime pas chez moi : je n’arrive pas à les animer. Si je commence à faire du mouvement, alors ça cafouille, on ne comprend plus ce que sont censées représenter les choses. Je me suis donc collé à cette idée de concevoir des trames faites main, avec plein de petits traits partout qui aient chacun un sens. Un peu comme mon mentor, monsieur Boulet, mais en bien moins réussi. Je vais frimer un peu en disant que c’était un ami de la famille. Avant qu’il soit célèbre. Toutefois, j’aimerais, comme ça, lui dédier en pensée ma première publication en tant que graphiste. Ses conseils m’ont encouragé à persévérer dans la voie.

C’est aussi lui qui m’a persuadé que Poulpy est un bon pseudo. Vous le trouvez sûrement peu sérieux, mais au moins, il vous marque et ne donne aucune information sur le gender de l’auteur. C’est un bon pseudo pour un auteur de bande dessinée. C’est ce que je voulais faire. Finalement, les livres pour enfant me conviennent mieux. Poulpy, ça fait bébé. Ça rapproche du lectorat ! J’ai rédigé plusieurs histoires, dont Les aventures de bébé patate. Peut-être verront-elles le jour… D’ici là, laissez-moi vous inciter à rencontrer Édouard. Il est l’un de ces héros romantiques qui plaisent à tous. J’adore sa philosophie, et nous avons tous beaucoup à apprendre de lui. Qu’un petit être tel que lui nous pousse à nous améliorer, c’est juste magnifique. Merci pour tout, Édouard. Je n’oublierais jamais notre aventure (à prononcer d’un ton larmoyant derrière un beau coucher de soleil, level générique d’un film de Clint Eastwood).

11_crabesEt merci beaucoup Philippounet de m’avoir offert cette super opportunité de boulot ! Vous, les lecteurs, puissiez-vous voir le bon côté de chaque chose, comme Édouard tout au long de l’histoire. Oui oui, je sais… Écrit comme ça, ça fait nian-nian, désolé. Édouard, c’est une petite araignée qui cherche son âme sœur, avec qui partager un peu de son bonheur. Lecteurs, si jamais vous lisez ce livre, n’hésitez pas à retransmettre vos impressions !

Édouard, l’araignée du soir m’a occupé toute une année. Ça a commencé à Noël dernier, lorsqu’une certaine carte postale envoyée à un éditeur de mes amis lui a donné envie de me proposer un projet. Celui-ci remplira mes jours et mes nuits de petits traits noirs arachnéesques. Ça s’est terminé cette année, peu avant Noël, comme un fait exprès. J’en garderais de bons souvenirs. Comme cette fois, ci-dessus, où j’ai dû dessiner, parmi six espèces d’araignées, des araignées/crabes, qui sont des crabes et des araignées en même temps et qui vivent dans le froid… Pas comme des crabes-araignées, qui sont ce que vous voyez sur le dessin, ou des araignées-crabes (qui ont des pinces aux pattes avant). Ça, c’était la découverte étonnante de l’histoire ! Vous saurez à quoi ces bestioles ressemblent en ouvrant les pages de ce livre (ou en regardant Alien).

12_redonL’araignée souriante d’Odilon Redon, reprise par Poulpy.

Encore une chose (comme dirait Douglas Adams). Édouard, au début, s’appelait Edgar. On peut penser, à présent, qu’il s’agit d’un clin d’œil à Édouard Ganche, l’auteur préféré de Philippe Gindre (ainsi qu’un des miens !). Bon, en fait c’est parce que ça rime bien mieux avec  » soir  » qu’Edgar. Autant pour ce cher Poe. En fait, le véritable hommage, c’est celui que Philippe a fait à Odilon Redon et ses araignées. Il n’y a plus, pour ma part, qu’à me rendre au musée d’Orsay pour les voir de mes yeux. Ainsi s’achèvera cette longue épopée.

Édouard est une araignée du soir.
Dans son petit cœur d’araignée,
il y a toujours un peu d’espoir.

Édouard l’araignée du soir, Philippe Gindre.

Si vous souhaitez lire de vraies critiques du livre (pour l’instant nous en comptons une, et pas des moindres !), commander le livre et découvrir un extrait, alors rendez-vous sur le site de La Clef d’Argent. Si vous avez des questions, des remarques, des revendications, c’est ici ou sur Facebook. Je me ferais une joie de répondre à vos messages. Papouilles Papouilles ;)

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Poulpy.

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A propos poulpinounet

Poulpy, c'est un poulpe à tout faire. Il se doit de disperser ses tentacules sur plein de supports... Ce poulpe est graphiste (donc masochiste), il parle de lui à la troisième personne (sérieux ?), est reporter (surtout), et critique. Minimoi s’essaie donc à au dessin, à la photo, et aussi : j’écris (un peu). Mes dessins font place à des montages, les montages à des textes, des histoires, des articles... Blogueur invétéré, Poulp(inounet) ne fait pas que promouvoir la culture, il crée également ses propres œuvres, pour lui comme pour d'autres.
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