Jean-Pierre Andrevon, Les retombées

Les retombées, une histoire de Jean-Pierre Andrevon
aux éditions du Passager Clandestin

En 1979, Jean-Pierre Andrevon imagine un coin de France, le jour d’Après. – Lire un extrait, des critiques, commander le livre, ou bien prendre des nouvelles du concours d’écriture instauré lors de sa parution, c’est à cette adresse.

La collection Dyschroniques du Passager Clandestin : Des nouvelles de science-fiction ou d’anticipation, empruntées aux grands noms comme aux petits maîtres du genre, tous unis par une même attention à leur propre temps, un même génie visionnaire et un imaginaire sans limites. À travers ces textes essentiels, se révèle le regard d’auteurs d’horizons et d’époques différents, interrogeant la marche du monde, l’état des sociétés et l’avenir de l’homme. Lorsque les futurs d’hier rencontrent notre présent… – des avis, ici.

La collection Dyschroniques réédite des textes de fiction de la période de la Guerre froide. Parmi les très nombreuses nouvelles publiées à cette époque, nous retenons celles dont la lucidité et la force critique au regard des enjeux de leur temps ont permis, dans une certaine mesure, de préfigurer certains traits importants du nôtre. La science-fiction qui nous intéresse est donc celle qui construit des hypothèses à partir de l’observation du présent, pour tenter de l’interpréter, de l’analyser et éventuellement d’en anticiper les évolutions. cf. Le Passager Clandestin.

01_prez1De petits livres interpellant de par leur maquette : un design rétro, allant à l’essentiel. De par une simple image, une simple phrase en guise de résumé, ces livres poussent la curiosité. Quels secrets sont renfermés dans leurs pages ? Dans ces nouvelles d’anticipations, allant parfois jusqu’au mini-roman, les auteurs questionnent sur l’avenir de l’humanité. Montrant du doigt des problèmes toujours d’actualité, ils nous présentent les systèmes défectueux que pourraient engendrer nos sociétés. Ces critiques (très) souvent pessimistes, sous le couvert de la science-fiction, jettent ces bouteilles à la mer. À nous d’intercepter leur signal, d’ouvrir les yeux, sur un futur dangereux.

Lecteurs, nous sommes les témoins d’une évolution en marche. Évolution ? Régression, peut-être. Ses textes, s’ils datent d’un siècle passé, sont prédicateurs de cataclysmes. Ils crient, d’une seule et même voix, à la rébellion. Ils crient à la résistance. Et ils sont, surtout, les témoins d’une époque qui n’est pas révolue. Par le biais de ces futurs plausibles, contés ici, nous voyageons dans un passé pessimiste, et à de fortes raisons ! Comment pouvons-nous nous comparer, génération des années 2000, à nos prédécesseurs ? Qu’avait-il en tête, ce Jean-Pierre Andrevon, lorsque, dans les années soixante-dix, il descendait dans les rues afin de militer pour la paix ? Il nous en a parlé, il y a quelque temps de cela, lors d’une interview, que je vous transmettrais en partie ci-dessous, avant de passer à la critique de ce texte, Les retombées.

Si l’impact de l’Homme sur son environnement pouvait amener sa destruction, quand serait-il de ses nouvelles façons de vivre, de ses rencontres ? Quel souvenir laisseraient ces survivants aux futures générations ? Des questions que Jean-Pierre Andrevon nous a posées dans ses deux recueils parus aux éditions de la Clef d’Argent, chroniqué sur l’Antre du poulpe.

« Aubes trompeuses est la suite de C’est un peu la paix C’est un peu la guerre, datant de 2009, un recueil de fictions et autres textes très diversifiés traitant de la connerie humaine et de la décadence de notre société. Jean-Pierre Andrevon, auteur pessimiste, quoique réaliste, reprends un temps son thème de prédilection – l’anticipation, les mondes au bord du gouffre, dans le gouffre ou postapocalyptique – et continu sa critique très justifiée d’une société proche de l’autoéradication. Voici des sujets que nous avons déjà abordés lors de la lecture d’autres recueils de la Clef d’Argent. Rouge Alice de Sylvie Huguet et le splendide Murmure de Soupirail de Patrice Dupuis sont des exemples frappants. Mais ici les décors sont différents, le ton n’a pas le même décalage et tout cela ne manque pas d’humour noir. » – Poulpy.

Qu’est-ce que l’Après, cette période dédiée à la survie, où la nature humaine resurgit dans sa splendeur… Pour les uns, cette nature les poussera à développer un instinct de groupe et d’entraide. Mais la loi du plus fort prédominera vite. C’est un temps où l’Homme est l’ennemi de l’Homme. Mais ne l’a-t-il pas toujours été ? Lui qui est prêt à s’anéantir dans le seul but de dominer son adversaire. Dans ce scénario de Jean-Pierre Andrevon, écrit pendant la guerre froide, où les tensions constantes entre les USA et l’URSS oppressaient le monde, tous craignaient les retombés d’une guerre atomique, pouvant éclater à tout moment. Cette tension est brillamment retranscrite dans ce livre où les héros sont coupés du monde, livrés à eux même. Comme souvent dans les histoires de cet auteur, les relations humaines sont mises au premier plan.

Qu’importe donc, d’où est venue l’apocalypse, quelle forme elle a prise. Tout le monde est fautif. Si l’action a mené à la fin du monde, l’inaction des dirigeants l’a tout aussi bien déclenchée. Pris entre deux feux, les survivants rejouent un conflit sans fin, à plus petite échelle, dans un cadre restreint. Là encore, les batailles territoriales éclatent. Comme s’ils étaient trop stupides pour apprendre de leurs erreurs, les humains se piègent dans un cycle de destruction sans fin. Malgré la brutalité, c’est la subtilité que nous retiendrons. Jean-Pierre Andrevon connaît l’esprit humain.

La science toute puissante a détruit le monde, l’a rendu invivable. Par ce pamphlet écologique, cet auteur nous pousse à faire attention à nos origines, à notre sol que nous piétinons constamment sans lui prêter la moindre attention. S’il venait à disparaître, nous dit-il, comment pourrions-nous espérer continuer à vivre ? La fiction postapocalyptique est une manière de déverser notre peur dans une histoire. Une façon de retranscrire les questionnements du monde et de, par ce biais, lui ouvrir l’esprit, lui inculquer des valeurs pouvant conduire un avenir meilleur.

Tout au long de l’Histoire, nous avons vu des sociétés péricliter alors qu’elles se trouvaient à leur apogée. Notre société est à la sienne, un rien peut la faire basculer. Comme je l’ai écrit lors de ma critique sur l’Homme de demain, l’Homme est un pantin qui s’est emmêlé dans les ficelles de son propre système, qu’il ne peut couper, car cela signifierait sa fin. Mais nous y reviendrons…

Pour Raphaël Colson, le post-apo est une prise de conscience de la fragilité de notre système qui nous rend dépendants. Nous avons peur des retombés des guerres, comme de notre impact sur l’environnement. À chaque passage d’une aire à un autre, l’Homme perd ses repères. Il sent que l’effondrement de son monde donnera vie à un autre. Nous sommes justement dans une période transitoire, cela explique pourquoi ce thème est si présent dans nos fictions. Nos angoisses s’incarnent dans des scénarios survivalistes. Nous avons peur de l’invasion, de la technologie, de pandémies, de catastrophes… Nous projetons nos craintes sur un ennemi commun. Dans les années soixante-dix, beaucoup de textes ont mis en avant la surexploitation massive de notre environnement sous la forme de pamphlets écologiques visionnaires.

Comme dans de nombreux récits de ce type, les différents courants de pensée des groupes de survivants sont présentés de manière caricaturale. Cela est conçu afin de pointer du doigt chaque comportement. C’est au héros de s’insurger contre ces extrêmes, de choisir sa propre voie. Suivre le groupe étant une manière de se reposer sur un système défaillant, cela causerait sa perte. Pourtant, faire autrement, c’est agir de manière différente. C’est se situer dans un no-man-land. Le choix, voilà un des points principaux abordé dans Les retombées.

Le héros, deviendra-t-il ce que Raphaël Colson appelle le « moteur de la renaissance » ? Nos connaissances, nous l’avons vu, ne nous sauveront pas. Notre culture nous permet de reconstruire, mais ce même savoir a une capacité de destruction. Le post-apo délivre des contestations du système. Avec ceci, nous entrons dans un monde peuplé de laissés pour compte, méditant sur notre rapport aux autres et à notre environnement.

02_prez2Pour Jean-Pierre Andrevon, un écrivain est une éponge, « il reçoit des trucs, et après, il les recrache. Ça peut venir de n’importe quoi, ça peut venir d’une conversation, ça peut venir d’un fait divers, ou de nouvelles… » Cet écrivain suit énormément les actualités. Il perçoit le monde de façon pessimiste, en suivant les ravages de l’Homme. De là lui sont toujours venus des textes comme Les retombées.

Jean-Pierre Andrevon est aussi influencé par ses rêves, les livres et les films qui, de par leur point de vue, le motive dans ses créations. « Il n’y a pas d’éclair de génie, ça, je n’y crois pas, mais il y a une idée au départ. Et puis cette idée, j’essaie de la développer, d’en faire un récit qui se tient, avec un début, un milieu, une fin. Voilà, en gros, ça se passe comme ça. »

René Barjavel, et Ray Bradbury sont ses auteurs fétiches. Grâce à leurs textes, il s’est mis à écrire des récits d’anticipation. Avant tout, il veut que la poésie qu’il a découverte dans leurs œuvres se retrouve dans les siennes. Il n’écrit pas des horreurs, mais un temps de reconstruction, de retour aux origines, de quête personnelle. Dans les livres de ses auteurs, il a trouvé un engagement. Un engagement pour la nature, pour l’écologie. « Ce sont des idées qui me plaisent, qui développent cet amour de la nature, ce rejet raisonné de la civilisation moderne, de l’industrie envahissante et de la science toute puissante. » Depuis, René Barjavel est devenu un de ses grands amis.

« J’ai des thèmes préférentiels, c’est l’avenir à court terme de l’homme, que je vois de manière très pessimiste. Je nous vois très mal partis, cela parait normal maintenant. Il y a trente ans c’était déjà le cas. J’ai commencé à comprendre le fonctionnement de la nature, le fonctionnement de la planète et des dommages qu’on lui faisait subir dès les années soixante-dix, quand l’écologie commençait à être banalisée en Amérique. C’était une période très engagée pour ce qui était du domaine de la Science-Fiction, qui mêlait le politique et l’écologie. Pour moi, ce sont deux choses liées. Les écrivains voulaient agir sur le monde, ce qui n’est peut-être plus tout à fait le cas aujourd’hui.

 » Ma formation est une formation citoyenne, je me considère comme quelqu’un d’assez engagé. Tout est lié, ma vie, le monde, l’écriture, je ne fais pas de différences. J’écris ce que je pense, j’exprime les idées qui sont les miennes, sans outrance sans censure. Tout ça sur l’avenir noir du monde et sur la sauvegarde de la planète avec une conscience écologique globale.

« Pour devenir écrivain, il faut quoi ? Il faut être passionné de lecture, être passionné par un genre. Que ce soit la Science-Fiction, l’Art, la poésie, n’importe quoi. Il faut lire et puis il faut en avoir envie, c’est vraiment une envie personnelle. » Devenir écrivain est aussi une question de hasard. « Pourquoi un premier manuscrit est pris, un autre, qui est aussi bon, n’est pas pris ? On ne peut pas savoir, vraiment c’est le hasard, ou la chance, ou les relations. Mais c’est faux de penser qu’on ne peut pas arriver à publier. Je découvre des tas de jeunes auteurs qui sont publiés par de toutes petites maisons d’édition, qui sont la sauvegarde de la littérature papier.

 » Aujourd’hui, on peut bien plus facilement monter sa petite maison d’édition… Après il y a le problème de la diffusion en librairie, mais disons que quand on veut, on peut. Je ne crois pas aux généralités. Je crois aux cas particuliers. Un bon auteur, quelqu’un qui a vraiment quelque chose à dire, il y arrivera. Il faut se remuer le cul, il ne faut pas croire que tout tombe du ciel.

 » Je suis quelqu’un qui a beaucoup d’idées, c’est un peu prétentieux de dire cela, mais c’est vrai. Je vois le monde autour de moi, je le transforme en synopsis, en roman ou en nouvelles. Pourquoi ai-je ce petit talent qui fait que je suis arrivé à écrire 150 bouquins au bout de cinquante ans de carrière ? Je n’en sais rien. Je ne me considère pas comme un privilégié, mais comme un bon boulanger ou comme un bon sabotier, je fais ce que je sais faire, c’est tout.

 » Alors mes méthodes de travail… Je pars d’une idée, l’idée je la développe en quelques dizaines de lignes, quelques pages, puis je la range dans un tiroir, je la laisse mûrir. Avant je faisais des brouillons à la main et je tapais à la machine, mais maintenant que je travaille sur l’ordinateur, tout est bien plus facile. Je travaille comme ça, jusqu’à ce que mon texte corresponde à mon idée.

 » Je sais que j’ai une étiquette d’écrivain de SF. En vérité j’écris plein de choses : des polars, de l’aventure, du fantastique… J’écris de la poésie et des chansons, dans des styles qui peuvent paraître différents. Je crois que le premier vrai roman de SF que j’ai lu était La Guerre des Mondes… J’étais vraiment tout jeune, et ça m’a vraiment plus, ça a excité mon imagination. Ça s’est passé comme ça, une trajectoire à laquelle j’étais prédestiné. »

Jean-Pierre Andrevon n’a jamais abandonné le dessin et la peinture. « Je peins et je dessine tout le temps, parfois de petits dessins de presse ou des dessins qu’on me demande pour illustrer un texte ou autre. Et puis j’ai quelques périodes où je me consacre à la peinture, un mois ou deux par ans, de manière très irrégulière. Mon obsession de la fin du monde se manifeste dans des paysages vides de personnages humains, dégradés par des catastrophes écologiques, des paysages asséchés ou au contraire inondés, pratiquement en ruine. Au début ma peinture était beaucoup plus stylisée. Elle est devenue plus réaliste avec le temps, plus précise, tout comme mon écriture. Mes tableaux pourraient illustrer mes romans. L’écriture et le dessin sont deux activités complémentaires.

03_peluches1 » Je n’ai rien abandonné : l’écriture, le dessin, la peinture, la chanson… Ce sont des choses qui ont toujours fait partie de moi. La musique est très importante. Ma génération est celle des chanteurs à textes. À quinze ans, je me suis acheté ma première guitare, j’ai commencé à chanter du Brassens, comme tout le monde à l’époque, et puis j’ai eu envie d’écrire mes propres chansons. Encore une fois, avec les moyens de l’informatique, j’ai enregistré des CD, ce que je n’aurais pas pu faire il y a vingt ans. Ça fait partie de ce que j’aime, ce que je fais, sans me poser la question de la commercialisation. Je ne me considère pas comme musicien, j’écoute peu de musique, je me borne à composer de petits airs faciles à retenir sur trois accords de guitare, pour faire passer les textes poétiques que j’écris. »

Le livre qui lui a donné le plus de mal fut Le Monde enfin, un recueil de douze nouvelles. « C’est une histoire sur la fin du monde causée par une épidémie. Il ne reste que huit personnes sur Terre. Ce sont des nouvelles que j’ai écrites tout au long de ma carrière et qui se répondent. Je les ai réunis, j’en ai supprimé, j’en ai inventé des nouvelles, j’ai essayé de les lier par des personnages que nous retrouvons d’une histoire à l’autre. C’est un bouquin que j’ai mis trente ans à écrire. Je l’ai laissé en maturation et, au bout d’un moment, la première édition est sortie. Je me suis dit que ça ferait une belle saga sur la fin du monde, du début à la fin. C’est un gros bouquin de 600 pages, sorti en 2006 aux éditions Pocket. Je considère que c’est ce que j’ai écrit de mieux. La fin du monde est un thème banal que j’aime bien citer, par perversité peut-être, ou comme exorcisme, je ne sais pas. »

Est-ce que vous pensez que la littérature fantastique soit reconnue à sa juste valeur ? « Beaucoup plus qu’avant, oui. Tout dépend des auteurs, il n’y a pas d’égalités. Les histoires de grands auteurs sont reprises en poche, certaines sont étudiées à l’université. Il y a des chaires sur la littérature de science-fiction dans la plupart des facs de lettres. L’aspect maudit qui pouvait exister il y a trente ou quarante ans s’est beaucoup amélioré. Les instances culturelles ont reconnu que la littérature fantastique ou de sciences-fictions était de la littérature, tout simplement.

 » J’ai eu la chance de tomber sur une période où la science-fiction était un petit peu en creux, et la principale collection était la collection Anticipation de Fleuve-Noir. Une autre série un peu plus « intellectuelle », où était publié notamment Barjavel et Bradbury était le collectif Présence du Futur chez Denoël. Mes premiers manuscrits, je les ai envoyés à ces deux collections. J’ai été pris tout de suite… Et puis j’ai continué. »

Vous êtes passé par beaucoup de travaux différents avant de vous lancer, aviez-vous une idée de ce que vous alliez devenir ? « C’est sûr que je n’avais pas envie d’être fonctionnaire. Je voulais aborder une activité artistique, mais quand j’étais jeune, je pensais faire de la bande dessinée ou de la peinture, et en vivre. C’est à dire travailler à temps complet dans le graphisme. Mais, comme j’aimais bien écrire et à cause du fait que mes premiers romans ont été acceptés sans problèmes, j’ai obliqué vers l’écriture. J’aurais été acclamé comme peintre, je ne serais pas devenu écrivain, ou alors j’écrirais un petit peu en peignant. Alors que maintenant c’est l’inverse : je peins un peu en écrivant beaucoup ».

Que pensez-vous des adaptations de vos romans ? « J’ai été ravi quand René Laloux m’a contacté pour le dessin animé tiré de mon roman. Je ne m’y attendais pas. C’est très compliqué de financer un film. Il a mis 25 ans à se faire, mais je suis très content du résultat. Surtout que les dessins sont faits par Philippe Caza. Je le connaissais depuis toujours. Les téléfilms sont nettement moins bien. Gandahar est très bien, il est souvent rediffusé.

Lors de notre interview au Bloody week-end, j’ai demandé à Jean-Pierre Andrevon quel était le Fantastique, selon lui. « Ce sont les fantasmes de mort que chacun de nous entretient. Parce que nous savons que nous allons devoir mourir un jour. C’est essentiellement une thématique de la mort, comment arrive-t-elle, comment essaye-t-on de lui échapper, sous quelle forme vient-elle ? Pour moi, le Fantastique c’est Freud et la Science-Fiction, c’est Marks.

Le Fantastique c’est ce qu’il y a à l’intérieur de nous, c’est nos fantasmes, fantasma, nos fantômes… Et la science-fiction, c’est la construction du monde futur, c’est la société future, qu’elle soit utopique ou dystopique, mais qu’elle soit logique et qu’elle fonctionne. C’est la littérature du collectif, car elle brasse des sociétés entières, sinon des mondes, des planètes… Le Fantastique c’est le soi, on se réveille la nuit dans la peur d’une ombre. »

La Science-fiction, expliqua Jean-Pierre Andrevon dans un article de Libération en 2011, « ce n’est pas que Donjons et Dragons ou La Guerre des Étoiles. Ça c’est l’écume, la mousse. La SF, c’est d’abord le présent qui regarde le futur ». Cette citation, provenant du site du Passager Clandestin, est un bon prélude au reste de cette nouvelle. Les prédictions d’une guerre atomique par cet écrivain ont bien heureusement été fausses. Pourtant, l’an dernier, et de par les catastrophes qui ont marqué l’Asie ses derniers temps, nous sentons que la menace nucléaire plane toujours sur nos têtes. Nous ne craignons certes plus l’impact d’une ogive, mais la défaillance dans un moteur de l’une de nos centrales.

Avec Les retombées, en 1979, près de dix ans avant la catastrophe de Tchernobyl, Jean-Pierre Andrevon militait déjà contre le nucléaire. En avance sur son temps, les causes qu’il défendait et qui n’étaient pas prises au sérieux sont à présent au centre des conversations. Très bientôt, la construction d’un centre géant de stockage des déchets nucléaires sera terminée et nous pouvons supposer que, dans le futur, la fission de l’atome ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Mais, il est peut-être temps de revenir à notre sujet…

04_prez3Ce texte est initialement paru aux éditions Denoël dans le recueil « Dans les décors truqués ». Le titre fait référence aux fausses villes construites en vue d’essais de la bombe atomique, mais pas seulement : derrière la belle façade de notre société de consommation, il n’y a que du vide. Notre environnement n’est que mensonge, fragilité, futilité, même. Nous ne sommes qu’une expérience menée à grande échelle. Non pas des dommages collatéraux, mais des sujets destinés à être les rouages d’une machine de mort. L’humain est victime de son propre système. Les personnages des Retombées survivent dans des paysages aussi désolants que leur nouvelle condition. Tout est symbolisme, avec Jean-Pierre Andrevon.

Une petite présentation de l’éditeur. « Un groupe de survivants erre dans la campagne après une explosion nucléaire qui a sans doute détruit la ville. Recueillis sans explications par des militaires, ils sont acheminés avec d’autres survivants vers un campement provisoire, qui se révèle être un camp d’internement. En quelques jours à peine, la peur et la désinformation disloquent les repères habituels, une nouvelle hiérarchie se dessine entre les survivants, et des frontières subtiles et immatérielles se mettent en place, qu’il ne fait pas bon franchir. »

« Je m’excuse, Monsieur. Je ne peux vraiment rien vous dire. C’est le secret militaire. Croyez bien que seules des raisons de sécurité sont en cause. Il ne faut en aucun cas vous affoler. Nous avons la situation bien en main. Tout danger est écarté dans l’immédiat. Maintenant je dois vous demander instamment de monter dans le camion. Nous ne pouvons pas perdre davantage de temps… » – terreur nucléaire, complexe militaro-industriel, mensonge d’État et contrôle politique, des sujets que les éditeurs du Passager Clandestin incitaient à aborder lors de leur appel à texte, pour une suite à ce livre.

Ce concours d’écriture, organisé en partenariat avec ActuSF, le directeur de la collection, Philippe Lécuyer, et Jean-Pierre Andrevon en personne, a également reçu ma modeste contribution. Sera-t-elle retenue ? Sûrement pas, mais, quoi qu’il en soit, cette critique ne s’arrêtera pas là, et une suite sera à prévoir, lors de la sortie de ce hors série… Plus d’informations vous attendent ici.

« On ne sait ni où, ni comment, ni pourquoi, mais c’est arrivé. Ces quelques individus épars se sont trouvés dans le brouillard lourd et épais, et se serrent les coudes en attendant d’en savoir plus. Plus sur ce qui s’est passé. Plus sur la réalité des radiations qui les entourent. Plus sur l’avenir du pays. Du monde. Et encore plus sur leur chance de survie. Au bout de leur errance dans la campagne française, certaines réponses ne vont pas tarder à surgir.

 » Paru pour la première fois en 1979, l’année de l’accident de la centrale de Three Mile Island, « Les retombées », nouvelle d’anticipation inquiétante et sombre, offre un scénario possible de la catastrophe nucléaire et de la gestion d’urgence mise en œuvre par les autorités. L’objectif : effacer toute trace de l’accident, faire comme si ce qui n’aurait jamais dû se produire n’avait jamais eu lieu.

 » Dans son Livre d’or, en 1983, Jean-Pierre Andrevon confiait : « Des lecteurs m’ont parfois reproché de ne pas expliciter ce qui est vraiment arrivé, ni ce qui va arriver au personnage principal : ce n’est pas là une lâcheté ni une impuissance thématique ; je crois au contraire qu’en cas de catastrophe grave, on ne sait jamais ce qui vous arrive, on est des jouets impuissants de forces qui restent invisibles (cf. les juifs qui ne comprenaient toujours pas en entrant dans les chambres à gaz…) ». »

Les livres de Jean-Pierre Andrevon ne sont pas des échappatoires vers des horizons lointains. Là n’est pas, comme il le dit souvent, l’unique but de la science-fiction. Son but est de questionner notre génération, tout comme celle d’avant, sur les conséquences de nos actes, sur nos moyens de survie dans un environnement hostile, coupé du monde. Comment, lorsque nous perdons tous nos repères, se sortir d’un bourbier sans fin, où notre vie semble nous échapper ?

Le discours antimilitariste de cet écrivain se retrouve dans ses personnages. Le soldat est caricatural, mais criblant de vérité. En effet, la Seconde Guerre mondiale est une affaire classée pour les autres, mais pas pour Jean-Pierre Andrevon. La bêtise dont nous avons fait preuve a stigmatisé son écriture. Elle est son obsession qu’il lui faut transposer à l’écrit.

Les retombées sont une autre forme de tragédie humaine. C’est une histoire se voulant réaliste, mais qui n’est pas abordée d’un point de vue extérieur. Un jugement transparaît. Tout est fait pour que le lecteur se sente happé par un récit dont il sait dès le début qu’il ne se terminera pas bien. À l’image, finalement, de sa propre société.

Lors de ma précédente critique, j’avais remarqué que la plupart des personnages décrits par Jean-Pierre Andrevon sont abimés par la vie. Ils cherchent une échappatoire à ce monde, à un événement et sa conséquence, à un être ou à une absence de tout cela. « Les histoires contées dans ces textes n’ont d’importances que par le ressenti et les réactions de ces personnes. » Jean-Pierre Andrevon atteint son paroxysme en examinant notre société. Par le biais de la SF, il juge un système d’une façon détournée, mais transmet un message profond, peut-être sous-estimé par les uns, mais pas par tous.

En se concentrant sur la fin de notre monde et en représentant la décadence de notre genre à son apogée, Jean-Pierre Andrevon nous réapprend la valeur de la vie et nous met en garde. Notre folie des grandeurs tout comme nos œillères pourrait bien nous conduire à notre perte. Paradoxalement, c’est par des descriptions de la mort et de la violence qu’il acclame paix et liberté. Nous voyageons dans le temps, dans les années du power flower, à travers ce texte qui, ne le cachons pas, a plutôt bien vieillit.

Pour reprendre une citation de Philippe Lécuyer, le futur d’hier a rencontré notre présent. Attention, tout de même, afin de ne pas perdre le plaisir de la lecture des Retombées, il est peut-être préférable que vous repreniez ce texte après avoir lu le livre. Nos critiques sont garanties sans spoil, mais il est des questionnements qu’il est peut-être préférable de découvrir par soi-même… Sinon, nous vous souhaitons une bonne lecture, dans l’Antre du poulpe !

05_prez4À la fin de ce livre, une rubrique place le lecteur dans le contexte d’écriture de la nouvelle. Reprenant les points les plus importants de l’avancée du nucléaire dans le monde, elle dévoile de nouveaux agissements de Jean-Pierre Andrevon durant les années qui ont précédé le développement de cette histoire. En 1971, en France, eut lieu la première manifestation civile antinucléaire. Cette même année, l’auteur participa à la fondation de La gueule ouverte, sous-titrée Le journal qui annonce la fin du monde. Jean-Pierre Andrevon, lisant les comptes rendus de l’accident de Three Mile Island, fut fortement déconcerté à propos de la façon dont les médias ont retransmis l’affaire. Personne ne savait de quoi il retournait. Certains témoignages ne concordaient pas, les politiques tentaient soit d’étouffer l’affaire, soit de créer une panique générale.

Bref, tout le monde était dans le flou pendant la semaine qui suivit l’accident. La paranoïa transparaissant dans les conversations, certains crûrent en la fin du monde. Inspirée de Ravages, de René Barjavel, Les retombées fut donc emprunt par l’atmosphère (radioactive) de son temps. Retenons le soin apporté à chaque volume de cette collection. Présentation, biographie, bibliographie sommaire de l’auteur, notes, conseils de lecture ou de visionnage… La mise en page et la maquette illustrée avec des montages signés Xavier Sebillote ne sont pas les seuls atouts de ses éditeurs. Quant au texte… :

Les retombées, par Jean-Pierre Andrevon

Quand nous avons affaire à un événement traumatisant, qui dépasse notre entendement, il nous est impossible de l’identifier clairement. Notre esprit crée des liens afin de le rapprocher de ce qui nous est connu. Ces liens peuvent être anodins, ou déformer si bien la réalité qu’ils font naitre en nous des sentiments d’horreur qui n’ont pas forcément lieu d’être ou, au contraire, nous préparent à une future agression.

Lorsque la catastrophe eut lieu, elle atteignit tout le monde, quel qu’il soit. Par une blessure infligée à une jeune fille, Jean-Pierre Andrevon plante le décor : l’innocence a disparue. L’avenir aussi est mal parti. L’auteur prend quelques témoins au hasard, provenant de milieux différents, puis les rassemble en une compagnie hétéroclite. Leur point de vue, leur vision des choses, est opposé. Différents, ces êtres caricaturaux se sentent donc seuls, dans un lopin de terre hors du temps, abandonné par la civilisation qui a signé son arrêt de mort. La nature seule a survécu. Ces personnages ne sont que des retombées d’une société qui n’existe plus.

Le monde est bouleversé par les retombées nucléaires. La nature se décompose. Un tableau surréaliste, représentant l’opposé de ce qu’elle fut, se créer. Les images, dans une œuvre de Jean-Pierre Andrevon, sont vives. Il les peint avec tant d’attention que les personnages semblent ne pas avoir de poids sur leur environnement. Le cadre est à la fois inaliénable, et situé entre deux temps. Mais ce texte n’est pas conçu de manière poétique. Le narrateur, externe, décrit les scènes comme s’il s’agissait de comptes-rendus. Comme s’il avait reconstitué l’histoire à partir de témoignages parfois contradictoires. Puis il entre progressivement dans l’esprit de l’un d’entre eux.

Parmi les survivants, nous remarquerons un jeune homme, le héros, qui semble être l’avatar de l’auteur : pessimiste, écolo, n’ayant aucune foi dans le système. Puis nous distinguerons la figure de la jeune femme, grandissant en même temps que l’histoire. Puis l’image de la famille, dans toute sa splendeur, par le biais d’un couple éperdu, ne pouvant survivre sans sa moitié. Enfin, la personne la plus mystérieuse, un grand-père muré dans le silence, qu’il ne quitte que pour ressasser ses souvenirs de l’occupation. Tous feront leur deuil à leur façon, mais tous se grouperont instinctivement.

Jean-Pierre Andrevon ne peut pas être essentiellement l’observateur de cette histoire. Par le biais de son « avatar », il met en corrélation les évènements avec le conflit de la seconde GN. Si le message n’est pas assez clair, il le surenchéri. C’est de là que vient l’aspect vieillot des Retombées. Nous ne lisons pas seulement une fiction, nous dit-il à sa façon, mais une critique, un pamphlet. Ce n’est pas prendre son lectorat pour des imbéciles que vouloir de tout argumenter, mais c’est un moyen de retranscrire la rage envers le jugement, l’autorité et la force brute.

Pourtant, Jean-Pierre Andrevon ne hait pas (tout) les gens. Il a dans l’espoir que certains puissent un jour évoluer. Il dénigre un système compétitif, où chacun est parqué dans des cases. Où l’on récompense le volontaire, où l’on punit le contestataire. L’une des scènes de la seconde partie du livre, retransmets très bien ce qu’il qualifie d’injustice. C’est le ressentiment des personnes envers les autres, leurs rejets de tout conditionnement, qui mène à la destruction, quel que soit le parti, quelle que soit la cause.

Dans leur fuite, les survivants se cachent le fait qu’ils sont en train de mourir, qu’ils sont irradiés. Ils s’adaptent à leur condition sans penser au lendemain. La peur que nous avons de l’avenir, des conséquences de nos actes, est réfléchie au centuple dans ce genre de situation d’urgence. Nous préférons donc la terrer dans notre esprit plutôt que d’affronter les conséquences.

Si le vieux de cette histoire semble si lointain, prêt à faire face à tout ce qu’il peut arriver, c’est bien parce qu’il a été forgé par des catastrophes similaires, par des conflits. Conflits qui s’incarnent dans la présence de soldats. Ces représentations de nos souvenirs de l’occupation tiennent le rôle de commandos SS, parcourant la campagne afin de ramener des fugitifs à l’interrogatoire. La bonne volonté des héros face à l’autorité ne tarde pas à leur manquer. Ils se rebellent contre un système qui leur porte tort, qui les considère comme des fugitifs et non comme des victimes. Le soldat n’est pas un symbole réconfortant, mais un prédateur qui, dès qu’il s’empare de quelqu’un, ne le laisse pas s’enfuir. Tandis que les allusions à la Seconde Guerre mondiale se confortent, le groupe est enfermé dans un large camp. Ils alternent entre phases d’attentes et voyages vers l’inconnu, dans une angoisse grandissante.

Malgré les non-dits, ils doivent trouver une raison, une cause, une solution à leurs existences qui leur échappent. Ils sont coincés puis séparés, même de leur identité, dans un système strict où tout comportement hors-norme est puni. Les militaires abusent de leur autorité. Ils vivent dans un autre monde et ne tentent pas de comprendre la position d’infériorité inconfortable des civils. Les deux camps ne tardent donc pas à s’opposer. Se retrouver hors du groupe est bien plus dangereux que de continuer sa route avec des inconnus. Malgré l’horreur que nous inspirent les militaires, nous pouvons nous demander ce qu’il se passerait si personne ne se chargeait de la surveillance de ces centaines de personnes, sans repères, cloîtrées dans des abris.

Entre mensonges et mépris, les victimes vivent mal leur abandon. Ils ne sont plus humains, mais ils sont de la main-d’œuvre, ou bien un décorum. Ils subissent des traitements toujours plus humiliants, sont gardés dans l’obscurité de leur condition. La maladie les ronge, l’hiver s’est installé dans le monde, est-ce la guerre ? Drôle de façon que de terminer sa vie que d’être transformé en rejet involontaire de la société. Ces disparus, de qui on profite dans l’ombre puisque, de toute façon, personne ne les recherchera dans cette terre irradiée, sont totalement désorientés. Le monde, derrière les barbelés du camp est, pour eux, un « radeau de secours qu’ils ne peuvent atteindre ».

Rompant la monotonie de sa condition, le héros se rappelle un temps de l’Avant, avec ses joies et ses peines. En se créant de nouveaux repères, il retrouve et perd sa foi. Il croit, à raison, se hasarder bien trop près des frontières de la folie. Autour de lui, la vie continue. Les gens vont et viennent, sans attaches. Ils n’ont plus rien à perdre. Le pire étant déjà arrivé, ils attendent un dénouement qui ne vient pas. Ils se font une raison à leur situation qui ne s’améliorera jamais. Le camp est le reflet de notre société, aveugle à nos malheurs.

Le héros de cette histoire n’est finalement pas un héros. Il est un homme ordinaire cherchant à quitter le système, à retrouver sa liberté ou son innocence. Il ne sera pas comme les personnages secondaires que nous rencontrerons, il ne tentera pas de refaire le monde, mais de s’émanciper de cet univers froid et peuplé de fantômes. Il ne fait que fuir, tout comme le lecteur fuit la réalité en ouvrant ses pages. Mais celle-ci finit toujours par nous rattraper, même au sein du livre, ou bien elle se transforme en fiction.

06_peluches2Le site de Jean-Pierre Andrevon. Depuis la parution de sa première nouvelle, « La Réserve » en mai 1968 – un signe ! –, Jean-Pierre Andrevon (né le 19 septembre 1937 à Bourgoin-Jallieu) n’a cessé d’occuper une place prépondérante dans le paysage français de la science-fiction. Sa bibliographie compte cent trente ouvrages dans les genres les plus divers. Outre son intense activité d’écriture, il est aussi dessinateur et musicien. Il a collaboré, dès les années 1970, à de nombreux journaux (Charlie-Hebdo, La Gueule ouverte, À suivre, Fiction…) et tient encore aujourd’hui une chronique dans la revue L’Écran fantastique. Personnalité ouvertement engagée, il a participé à la revue d’écologie La Gueule ouverte dès son premier numéro en 1972. En 2013, les éditions Le Bélial ont publié Demain le monde, réunissant vingt-deux nouvelles glanées sur quarante-cinq ans de carrière. cf. Le Passager Clandestin.

Tandis que le réel nous glisse entre les doigts, nous voulons arracher à l’histoire quelques fragments de vérité, interroger sans complaisance l’ordre présent des choses… Et rappeler à toutes fins utiles que cet ordre-là ne s’impose pas à nous comme une évidence. – le Passager Clandestin.

Nous nous retrouvons bientôt pour une nouvelle chronique d’un recueil du Passager Clandestin, une nouvelle de Philippe Curval : Le testament d’un enfant mort…

Poulpy.

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A propos poulpinounet

Poulpy, c'est un poulpe à tout faire. Il se doit de disperser ses tentacules sur plein de supports... Ce poulpe est graphiste (donc masochiste), il parle de lui à la troisième personne (sérieux ?), est reporter (surtout), et critique. Minimoi s’essaie donc à au dessin, à la photo, et aussi : j’écris (un peu). Mes dessins font place à des montages, les montages à des textes, des histoires, des articles... Blogueur invétéré, Poulp(inounet) ne fait pas que promouvoir la culture, il crée également ses propres œuvres, pour lui comme pour d'autres.
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9 commentaires pour Jean-Pierre Andrevon, Les retombées

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