Fin(s) du Monde des Artistes Fous

Fin(s) du Monde ou 20 récits pour en finir avec l’apocalypse
aux éditions Les Artistes Fous Associés

Cet article a été publié sur la Taverne du Nain Bavard pendant ma collaboration avec monsieur Nain, qui s’est terminée en bons thermes. Vous verrez, je l’ai un peu revisité (cet article), tout en gardant quelques tournures de phrases de « bon nain ». J’espère tout de même que vous pardonnerez le style d’un critique débutant, car ceci est un de mes tout premier papier.

Comme je vous l’ai dit dans le message de Noël, ce n’est pas parce que je ne fais plus partie de la Dwarve Team que je ne fais plus de critiques. Jusqu’à aujourd’hui, je me restreignais à chroniquer les nouveautés littéraires des éditions de la Clef d’Argent (que vous pouvez lire dans ma propre Taverne).

Pourtant, il n’y a pas longtemps de cela, Southeast Jones, vice-président des Artistes Fous Associés m’a contacté, et offert de nouveaux livres parus chez eux. Alors, tant qu’à faire, pourquoi ne pas les chroniquer, eux aussi ?

Voyez-vous, je n’ai pas choisi d’entreprendre le dur métier de critique pour affirmer mon opinion sur tout et rien, descendre des œuvres par pure méchanceté ou en flatter d’autres parce que quelqu’un me l’a demandé. Ce que j’aime, c’est faire découvrir les œuvres d’artistes qui se lancent dans des carrières (littéraires, artistiques…) et qui ont besoin d’un peu de pub.

Voilà pourquoi je vais continuer de soutenir cette association, le temps de quelques (bonnes) critiques. En espérant que cela vous plaise. Et si vous voulez faire passer le mot : Poulpy a chroniqué des livres des Artistes fous associés ! Cela me ferais, et leur ferais, extrêmement plaisir :)

Commençons tout d’abord par rediffuser cette BD, faite en 2013, lors de la sortie de l’article original sur la Taverne du Nain Bavard (que je vous avais déjà présenté lors du reblog de mes anciens posts, vous pouviez la lire à cette adresse) :

01_bd…Après cette petite BD, continuons ce trip in Wonderland avec nos nouveaux amis,

Les Artistes Fous Associés
Association culturelle loi 101 basée en Aquitaine (33)

Tassons-nous et préparons-nous à accueillir Les Artistes Fous Associés ! Sans pour autant devoir tuer des dragons afin de lire leurs jolis textes chroniqués ici. Les trésors que nous rapportent ces Artistes pourront certainement vous captiver :

Mais qui sont-ils ?
Une présentation copiée sur le site des AFA :

Bienvenue chez les secoués du cocotier !

Vous aimez le Fantastique, la Science-Fiction, l’Horreur, le Gothique, le Grotesque ?

Vous êtes écrivain, dessinateur, photographe, cinéaste, musicien, ninja, danseuse du ventre, et vous aimeriez faire connaître votre travail ?

Vous pensez avoir un grain dans la tête, une araignée au plafond, un arrosoir en guise de chapeau ? Vous êtes animé par une intense folie créatrice mais vous ignorez où la faire rejaillir ? (non, ce n’est pas sale…)

Vous êtes fan de catch mexicain, de Stanley Kubrick et de philosophie ?

Vous appréciez l’humour drôle qui fait rire et la peur terrifiante ?

Vous aimez la vie ? Le sexe ? La mort ? …voire tout à la fois ?

Ne cherchez plus : ce site est fait pour vous !

Les Artistes Fous Associés ont pour but de diffuser vos chefs d’oeuvre incompris (« trop bizarre ! Trop gore ! Trop barré ! » vous ont dit les sinistres gratte-papier des sérieuses maisons d’édition ? pas de ça chez nous !)… – cf : lesartistesfous.com.

Tel un carrefour, le site se dresse et regroupe
écrivains et scénaristes, graphistes et photographes,
musiciens, développeurs, artistes en tout genre
se trimbalant entre blogs et forums.

Herr Mad Doktor, président trésorier, qui dirige aussi les madteliers d’écriture (ou convergent les textes en attente d’éditions, des compétitions et autres sessions littéraires pour auteurs en herbe), a bien voulu répondre à quelques questions lors de notre rencontre au Bloody Week-end de 2013 :

02_bloodyPhotos prises lors du Bloody Week-end en 2013

Je suis Herr Mad Doktor, Président des Artistes Fous Associés, une asso multiculturelle sévissant dans le fantastique, l’horreur, le gore (et plus si affinités)…

Tout est parti d’un forum de cinéma : celui du magazine Mad-Movies. Entre deux débats passionnés (Han solo a-t-il tiré en premier ?), certains habitués des lieux ont créé « L’atelier des madnautes », un atelier créatif géré de main de maître par la sympathique Vivi. Tous les 2-3 mois un thème était lancé, généralement axé “fantastique” ou “horreur” et chacun participait sous la forme artistique de son choix ; la plupart du temps, il s’agissait de créations graphiques (souvent de très bon niveau), mais il y eut également quelques textes de qualité certaine…

Une bonne âme eut alors l’idée de lancer un atelier spécifiquement dédié à l’écriture. Mais lire les textes sur un forum, ce n’est guère agréable… Nous nous sommes alors dit que créer un blog serait plus confortable. Or comme personne ne voulait s’en occuper, c’est moi qui m’y suis collé !

Ainsi est né le “madelier d’écriture” : www.madtelierdecriture.blogspot.com (qui vient donc compléter “l’Atelier des madnautes”, toujours actif).

Nous fonctionnons par sessions d’écriture d’environ trois mois sur un thème précis. Il n’y a aucune censure et nous ne sommes pas regardants quant à la longueur des textes (qui vont de la micro-nouvelle à la novella) ; idem sur la forme : nous acceptons la prose aussi bien que la poésie, le théâtre, le slam ou le charabia transcendantal. A la fin de chaque session, on demande aux lecteurs de voter pour leurs 3 textes préférés, et ceux récoltant le plus de voix se voient décerner les prestigieux « Tentacules », d’or, d’argent et de bronze.

Atelier d’écriture oblige, nous essayons un maximum de critiquer les textes de manière constructive… ce qui donne parfois des débats assez houleux mais permet aux auteurs d’avancer ! (ou de camper sur leur position ^^).

De cinq participants au début, nous avons réussi à progressivement attirer du monde… Au bout d’un an et demi à ce rythme, nous nous sommes donc retrouvés avec énormément de textes, dont un certain nombre nous paraissaient “publiables”. Laisser des œuvres travaillées « pourrir » sur un obscur blog connu des seuls initiés du forum Mad nous semblait dommage…

Par conséquent, avec les participants les plus motivés, nous nous sommes structurés en association loi 1901. Les Artistes Fous Associés sont nés le 1er Juillet 2012 !

03_flyerAffiche réalisée par Maniac

Je suis le Président et Trésorier (je piquerais bien dans la caisse, mais comme celle-ci est vide…), Vinze est le secrétaire, Southeast Jones et Gallinacé Ardent les Vice-Présidents (plus “vice” que “présidents” d’ailleurs !).

Par le biais de l’asso, nous avons monté une maison d’édition associative : Les Editions des Artistes Fous, qui crée des anthologies de nouvelles (format papier et numérique) composées à environ 40% de textes issus du « madtelier d’écriture » (les autres proviennent d’appels à texte extérieurs). Vu le nombre de talents incroyables pullulant sur le forum Mad, il nous a paru naturel de faire aussi participer les illustrateurs…

Fin(s) du monde : 20 nouvelles pour en finir avec l’Apocalypse est sorti en novembre 2012, et notre second bébé Sales Bêtes : animaux étranges et délires zoomorphiques est venu au monde en juin de cette année (avec des illustrations en couleur). Un troisième recueil, dont le nom de travail est Folie(s), est en cours de réalisation (sortie prévue début 2014).

En tant qu’association, il nous tient à cœur de proposer le prix de vente le plus bas possible afin de diffuser au maximum nos ouvrages. Et vu que nous sommes fous, nous proposons même la version numérique de chaque livre gratuitement sur notre site !

Nous vendons en ligne (frais de port offerts !) et dans certaines librairies, notamment en région parisienne (Métaluna store, Scylla) et bordelaise (Mollat, La mauvaise réputation, La machine à lire, Pulp’s Bordeaux).

Outre des écrivains et dessinateurs en herbe, Les Artistes Fous Associés réunissent aussi des photographes, des musiciens, des cinéastes… dont les réalisations sont visibles dans nos galeries.

04_chamTerror Tales from Space, par Cham

Parmi nos projets d’avenir figurent un court-métrage (Après la pluie, presque entièrement tourné), une expo photo ou l’édition d’art-book… (une conquête de Mars est également prévue, mais je ne peux pas en parler pour le moment).

La gestion de tout ce petit monde se fait de manière cool, et les membres se sélectionnent tout seul ; ceux qui restent sont ceux qui aiment notre façon de travailler, les autres se barrent d’eux-mêmes.

Nous nous retrouvons sur les conventions de cinéma de genre (Gérardmer, le Bloody Weekend…), de littérature fantastique (Bagneux, Les Futuriales), de jeux de rôle parfois (Ludopolis) ou tout simplement pour aller boire des bières à Paris (en général au Houla Oups).

Le plus important à nos yeux est de ne pas trop se prendre au sérieux (aucun de nous n’est un professionnel de l’édition, on fait tous ça pour le plaisir), tout en livrant un travail de qualité. – Herr Mad Doctor.

05_interviewChapitre 1 : Un rassemblement totalement insane
Pouvant servir de guides de lecture, voici 21 paragraphes d’exposé, sur…

Fin(s) du Monde
ou 20 récits pour en finir avec l’apocalypse

J’ai eu la grande joie de découvrir les deux premiers recueils des Artistes Fous, Fin(s) du Monde et Sales bêtes! (la chronique du second livre est en cours d’écriture). Voici la critique toute poulpèsque du premier volume, Fin(s) du Monde, qui n’est malheureusement plus disponible à l’achat et au téléchargement :

Prévue le 21 décembre 2012 (selon les Mayas ou Hollywood) ou pour dans 3 milliards d’années (selon les astrophysiciens) ; consécutive à un désastre écologique (toujours Hollywood) ou à la collision de notre galaxie avec sa voisine (toujours les astrophysiciens) ; qu’elle soit d’origine humaine ou d’intervention divine… la fin du Monde a toujours été au cœur de nos fantasmes et de nos peurs.

Pour perpétuer la tradition, Les Artistes Fous Associés vous invitent à découvrir dans ce recueil 20 récits d’Apocalypse illustrés. Épopée cosmique et bouffonne en rimes et en vers, odyssée hallucinatoire d’un dernier survivant sans cesse rêvant d’un ailleurs hors du temps, recueil de fragments de vie étranges et menaçants dessinant la fin du monde façon puzzle, farce fellinienne sexuelle et féroce, et tant d’autres : venant des quatre coins de la francophonie, des auteurs et des illustrateurs débutants comme confirmés vous font partager leur imaginaire et une part de leur folie. Comme un baroud d’honneur face à l’anéantissement collectif

Vous pouvez également consulter le sommaire de ce recueil : ici.

06_coverPlus qu’un simple livre d’histoires dévastatrices, Fin(s) du Monde regorge d’illustrations et de montages pour rallier tout le gang des AFA dans un fantastique phantasme apocalyptique qui se devait de nous préparer à la fin du monde. Car le mois suivant sa publication, le 21 décembre 2012, est arrivée la discrète fin du calendrier maya. Malgré ce sinistre évènement, nous sommes encore là, et cela est plutôt cool, car sinon nombre de lecteurs n’auraient pas pu prendre connaissance de ce livre. Préparons-nous tout de même pour la prochaine fin du monde, car quelqu’un a surement dû prévoir une autre date apocalyptique, 2020 par exemple. Si vous préférez sauter cette critique et vous rendre directement au chapitre deux, pour suivre la rencontre entre Poulpy et les membres des Artistes Fous Associés, allez-y !

Avec son message destiné à nous montrer à quel point notre fin est imminente, le prologue se veut plein d’ampleur. On pourrait même dire que le livre commence par la Fin. Les AFA nous disent vouloir changer notre vision de l’avenir ? Comment arriveront-ils à faire cela ? Par une SF visionnaire, surement dans un futur proche, à la façon d’apprentis Bradbury, qu’ils citent d’ailleurs ? Par de déprimantes visions de gens tuants des bébés phoques ? Voyons s’ils seront à la hauteur de l’exploit. Le juger à la couverture n’est pas toujours infaillible, cependant le dessin de Maniak est très beau. Comme vous pouvez le voir, il représente de jolies ruines balayées par le vent, synonyme de catastrophe ? Non, signifiant de bonnes soirées d’hiver (pourquoi pas nucléaire ?) passées à lire un bon recueil.

Pour un poulpe aussi pessimiste, qui voit sa propre fin arriver sous la forme d’une pénurie de poissons et crustacés qu’apporte la pêche intensive, ma vision n’a pas trop changé, mais c’est énormément diversifié, à propos des innombrables fins du monde probables. Certes, nous qui lisons ceci ne sommes pas des néophytes pour qui l’avenir se décidera à la réception de la prochaine facture d’eau (quoique). Nous avons au moins une petite dizaine de films, si ce n’est de livres, à citer sur ce sujet, nous sommes quelque peu préparés à la survie (du moins, en théorie) : the Road, Melancholia, Planet of the Apes et Planet terror, Terminator, Southland tales, Green sun, Survivors, the Fog… Si ça, c’est pas déjà plein de promesses ! Mais voyons plutôt le contenu des recettes des AFA, si elles ajoute du piment à l’affaire, si leurs idées valent la peine d’être reçues :

Le premier texte de Southeast Jones, Émancipation, sent le tanin, sans tourner à la vinasse. Nous sentons l’auteur qui a du vécu, qui n’en est pas à son premier texte, mais ne s’enferme pas dans un style. C’est moins le cas de Stanley Grieves, illustrateur qui surjoue du filtre totoshop, mais l’image est là, elle est pas mal.

07_deiberXavier-Deiber, Paysage moleculaire

Le cas d’un homme reclus dans sa maison qu’il a peur de quitter. L’histoire raconte en quelques détails une vie solitaire, tristement monotone, lentement rythmée par les livraisons à domicile. Le narrateur, ce déconnecté de la vie, passera totalement à côté d’un fait étrange, incompréhensible. Ce n’est pas seulement l’histoire de la fin du monde, mais la fin d’un monde, le sien. Dans une société où l’information est primordiale, il se sent dépassé. Lourde de sous-entendus, une mininouvelle, beaucoup plus amusante, suivra la première histoire : Click! (vois ci-après).

L’histoire d’avant fait un bon prologue. Les deux illustres inconnus que sont Matieux Flux et Xavier Deiber prennent ensuite la relève. Ce dernier, illustrateur, dévoile un graphisme plus sombre, plus nostalgique et artisanal afin de présenter un étrange texte. Qu’est-ce qui peut bien se cacher derrière un titre au ton « twilightZonien », Bibliophobia ? Nous sommes loin des références citées dans le prologue.

Le monologue est écrit de façon à ce qu’on se plonge dans les pensées d’un protagoniste, pensées qu’il jette aux alentours durant ses promenades. C’est un style brouillon que j’apprécie énormément, éloigné des fioritures, proche de l’âme de l’écrivain, aussi barge soit-il. Là se mêlent amour idiot d’étudiant et secte puritaine. Cette fin de monde quasiment inexistante, redoutée, a vraiment lieu. Mais tout comme la précédente, elle est imperceptible. Il n’y a pas de nuages qui s’ouvrent à toutes trompettes, ni de cavaliers, ni d’armée. Elle existe juste pour une personne.

Vincent Leclerck, vice-président des Artistes Fous au même titre que Southeast Jones, signe seul son histoire mignonnement appelée Ma fin du Monde. Mignonne n’est pourtant pas le mot approprié pour décrire ce que le titre dicte si bien. La fin du monde est intérieure. La fin du monde passe par une multitude de phases avant de s’immiscer pleinement dans notre esprit, qui a tellement de mal à réagir face à cet achèvement, cette énigmatique finalité, cette fatalité qui… Bon vous avez compris, ces trois pages ne dévoilant toujours rien de l’aspect fantastique de l’œuvre (car toutes les situations décrites depuis le début du livre sont probables) n’en disent pas plus que ces pensées peu folichonnes, qu’il faudra pourtant ressentir un jour. Oui, la fin est proche, nous dit-il à la manière de l’Artiste qu’il est.

08_floatingFloatinG : Attaque

Adam Roy se lance avec FloatinG dans un nouveau délice aux viscères pimentés, comme le montre cet entremets au futur désherbage. Après avoir essayé de comprendre le sens de cette prose et passé la gravure toute en vers présente sur une des pages, vous tomberez tout comme mini moi sur Canicule. Le plat de résistance arrive, aussi cramé soit-il. Enfin, l’apocalypse ! Non ? Tout va bien…? C’est étrange, mais tout en lisant cette nouvelle, je suis pris d’une sorte de stress qui me fait penser le contraire. Intéressent, comme le réchauffement climatique à de l’effet sur les gens, dans cet impeccable jardin et cet impeccable voisinage, tandis que l’avenir se dessine chaudement et cruellement sur une terre partant en live. Un sulfureux digestif pour le moral !

De terre et de sang sera le premier texte que vous lirez du boss de cette compagnie, Herr Mad Doktor. La touche féminine d’Ana Minski forme une peinture tout en couleurs, aux formes abstraites, plongée dans les hautes herbes avec un mystérieux personnage.

Ces étranges membres touches à tout que sont les Artistes Fous associés on gardé le vocabulaire d’horticulture que nous pouvions déchiffrer dans la précédente histoire pour, encore, une triste Fin. La Terre, accompagnée de sa Nature, toutes deux personnifiées. La première, agonise par la faute de ces enfants et subit leurs règles, à une tout autre échelle que celle d’une simple mère de famille un peu trop nourricière, arrive au terme de sa vie, agonisante, à bout de souffle, croupissant dans un lit. Cette histoire symbolique nous confond littéralement.

Suite à ce bel écrit, l’apocalyptique illustration du Dernier séisme pour l’humanité sent, c’est vrai, la sortie des beaux arts de Minuit57. L’apocalypse est proche ! Aurons-nous le temps de visionner cette Prophétesse de François Ali Wizard ? Une femme prédisant l’avenir avec une foule de détails créée la panique, car oui, c’est proche selon elle. Pas de doutes sur la nature fantastique du récit, non traditionnel. Il marque moins les esprits que ces prédécesseurs, non parce que les effets spéciaux dévastateurs se font attendre, mais disons qu’avec les histoires high levels d’avant, elle est un peu plus « vide », sans seconds degrés. Cela est peut-être dû au fait qu’on se sent moins avenant devant le duo de militaires stoïques qui en expriment autant qu’un badass de série américaine, et que j’aurais voulu mieux apercevoir le drame en arrière plan…

Par Aurélien Clause. Une nouvelle illustratrice, Nicky, aimant les univers d’anticipation, ce qui est rare pour sa génération (et donc digne d’applaudissements), nous gratifie d’une énigmatique aquarelle appelant notre imagination à prendre le relais. Alors, qu’est-ce donc ce coup-ci, un hymne à la solitude de la part d’un dernier survivant ?

09_minskiAna-Minski : Flesh-and-roots

Serions-nous préparés à, du jour au lendemain, nous retrouver face à l’inconnu ? Faut-il que nous soyons déjà perturbés pour réussir à passer le test de la survivance ? Ce texte, écrit à la première personne, parle d’un homme fuyant des goules cauchemardesques. Il plonge dans un rêve pire encore, part à la recherche de Noxos, île de réconfort où il retrouvera sa femme et sa vie. C’est triste, ces déambulations dans une ville morte.

Contrat, par Southeast Jones, à nouveau. Et de nouveau avec un dessin de Nicki (troquant les tonalités grises de la précédente illustration pour utiliser des rouges démoniaques). Accompagnant tout l’humour noir déployé par l’auteur, ce sont les fonctionnaires les plus connus de la littérature qui apporte le Contrat. Papier que le narrateur se fait une joie de signer puisque ce fameux contrat le rendra immortel. Amusant, ce texte a le gros avantage de décrire une société futuriste que nous visitons en touriste, et qui ne périclite pas, cette fois, mais continue son apogée parmi les étoiles. Dans ces lieux, le personnage assiste à une fin des mondes.Quand la législation divine devient obsolète, que notre espèce s’est assez surpassée pour s’en passer, qu’il n’y a plus de découvertes à faire, que l’avenir n’a plus de secret pour ce dernier objet errant dans l’éternité. Southeast Jones sait décidément marier les styles !

Ce recueil est si rempli d’auteurs et de textes que le défi se réalise, celui de changer notre vision de la fin du monde. Vinze Leclercq revient à son tour pour un impitoyable second texte, Je meurs comme j’ai vécu. Cette deuxième illustration de FloatinG « brain » gentiment le style comics. Une épidémie de niveau quatre, qualifierait le fils Brooks. C’est le récit d’un homme beaucoup plus grossier que le précédent personnage. Le registre change, s’adoucit dans les moyens, inversement à la forme (bin ouais, c’est des zombies quoi). Bien poilant et lourdaud à souhait, notre gras héros passe de survivant à une apocalypse zombies à mort-vivant, esprit tordu dans un tout nouveau corps qui gargouille. Un peu de rigolade dans ce monde de oufs !

Gwendal, illustrateur, encadre ce texte étrange d’un patchwork « shoggotique », tout en yeux et bouches, se mettant à former une silhouette connue, celle d’un personnage dont je vous tairais le nom. Le carnaval de Cobalt, par Ludovic Klein, un auteur dont on m’a conté les mérites, vit de son art à l’autre bout du monde : l’art de nicher haut dans les livres, les jeux, et je ne veux pas savoir quoi d’autre. Ce qu’il nous présente ici est un sublime what da fuck, que je vous laisse découvrir à votre manière. Il nous invite à participer à une partie, un jeu dont le texte s’inspire. Il n’y a qu’au Japon qu’on trouve des trucs aussi décalés, et ce pays a fait de l’effet dans l’esprit de Ludovic Klein. On ne se remet pas facilement de ce déstabilisant délire ludique.

10_meurtresPhotos de Psycho et Corvis

Une pause s’impose pour poursuivre la lecture des nouvelles suivantes écrites par un illustrateur et cinéaste dans une société peu faite pour ce nouveau fou prénommé sobrement Vincent T. Sa présentation de deux scenarii : L’Apocalypse celons le Prince Jean, n’a pas la note biblique que l’on pourrait croire et se dresse telle une grande farce, celle d’un survivant paumé, de notoriété publique, échappant à un virus (léger déjà-vu), se croyant seul au monde.

Quant à Souvenirs, texte moins massacrant, reprenant le thème de la solitude, à des côtés tristounets qui auraient eu un meilleur rendu à l’écran. Tout ça agrémenté d’un montage photo d’une Paris au bord du gouffre, pour donner le ton de, qui sait, un futur projet ? Ce sont les histoires les moins réussies de ce livre, certes, mais elles montrent la diversité qui existe dans ce corps d’Artistes.

Nous atteignons le centre de cette anthologie, comptant déjà une douzaine de textes. Elle comporte dorénavant un staff d’écrivains et de graphistes tout neuf. Marie Latoure et Stab Bertoa, fêtant la fin du monde dans un cadre joyeux de foule entremêlée, joignent l’illustration au titre : Youpi, on va tous mourir ! Ce monde est en liesse, il se ravit d’être à nouveau libre et insouciant, il profite pleinement des derniers instants. L’abattement de la monotonie cède face à la venue d’un météore sur la Terre. Cependant en plein chaos de la fête, tout le monde se rend compte que la détestable société qui est sur le point de disparaitre était bien pratique ! Critique avisé de l’humanité qui ne s’affranchira jamais, des médias, du peuple, de toute la stupidité ambiante et tournante. Comment rentabiliser l’évènement de la fin du monde ?

Miss Minski, à l’illustration spectrale, nous peint un autre tableau, un Soleil Vert non caché où la seule chose vivante existant toujours est ce virus qu’est l’humain, grignotant tout à outrance dans une caricature grotesque de boulimiques cannibales. À côté de cela le bétail se forme en meutes, régressantes. Si cette partie figure un conte, où les tribus chérissent une divinité du nom de Khao-Okh, ancienne figure d’un monde disparu, elle s’oppose à cette autre société où même les objets sont en os et peau. Même si le style ne me tente pas, c’est assez visionnaire, car, de nos jours où nous traitons les animaux pires que des esclaves, des objets sans conscience, qui sait si plus tard nous ne pousserons pas le vice jusqu’à nous asservir nous même de cette façon.

11_camillecAmille : CiRcUs

Le poème Crise tentaculaire d’Herr Mad Doktor « cthulhute » à fond jusqu’à l’illustration de Deiber qui ne manque pas d’indicibilité, avec son Poe moderne toujours désabusé et la silhouette d’un Grand Ancien en arrière-plan. Pourtant, ces alexandrins sont l’actualité incarnée. Décrivant la routine du monsieur Tout-le-Monde dans une vitrine prônant la misère, pleine d’humour noir. En surfant, le personnage réveille l’Apocalypse (notre gentil dieu tentaculaire). Content enfin d’arrêter de fthagner, notre vert, notre gluant seigneur des abysses s’amuse avec cet humain.

C’est tellement marrant, surtout la personnification de la bête faisant son boulot : semant le chaos et la désolation, et s’amusant autant que nous devant tout ça. Pas besoin d’être un adorateur pour comprendre et bien rigoler, cette histoire est ma préférée !

Maniak, dont l’illustration remplit la couverture, nous invite au sein du Club de la fin du monde (peu gentleman), illustré trop simplement par Kenzo Merabet. Il nous prédit un autre démon d’un autre culte, celui avec des cornes. Il ne vole pas haut, ce récit-là. Un coureur de jupons se retrouve catapulté dans un sabbat tout ce qu’il y a de plus classique, jusqu’à la fille à poil et le sacrifice. Satan arrive et, avec notre cher protagoniste, organise la fin du monde. Pas aussi poilant que les autres, mais sympa (et obligé lorsque l’on prépare ce genre d’anthologie), le texte se laisse lire. Ce recueil à des passages tristes, amusants, anodins ou bien foutus, il n’est pas vraiment équilibré, mais suit une logique qui n’a pas dû être facile à mettre au point.

Ce cher auteur nippon, Klein-san (auteur du Carnaval de Cobalt), a encore un extravagant texte dans sa poche qui se passe d’illustrations tant les onomatopées bizarres en créent. Le Blouglou, et bin je ne sais pas si c’est à lire, à ce point-là. La taille, la police et la mise en page expriment le WDF le plus complet. Cela reprend le phantasme du bouton rouge (vous savez le truc sur lequel on a envie d’appuyer pour voir ce que ça fait).

Les onomatopées de ce blouglou feraient rougir les gargarismes des lapins crétins. Qu’est-ce qui peut bien produire ce genre de bruits ? À quoi ressemble la créature qui glougloute les protagonistes ? L’auteur nous laisse l’imaginer. Click!, par Southeast Jones, est tout aussi minimaliste dans le style. C’est une nouvelle qui se regarde plus qu’elle se lit. Toutes deux transitent entre les genres des passées et futures lectures, comme tant d’autres avant elles.

12_ananasDessins de L’Ananas à Cheveux

L’illustration de Deadstar44 est réussie. Un peu de SF classique (fille à poil !), mais ce que je préfère ce sont les peintures étoilées de Minuit qui, cette fois encore, se passe de logiciel pour de jolis rendus. Corvis, quant à lui, ne s’est pas foulé pour le titre : La fin d’un monde, se réservant pour ce technique récit spatial plus que spécial.

Une équipe d’astronomes entre dans une aurore boréale afin de faire des relevés. Cette Fin dans un futur proche est observée depuis une station en orbite contant les derniers survivants du cataclysme causé par une météorite non identifiée. L’attirante protagoniste sent son heure arriver lentement, en contraste avec la rapidité de la catastrophe qui a éradiqué la vie sur Terre. Le groupe doit à présent survivre comme il le peut, étant son propre danger.

La conclusion de Southeast Jones, causant au lecteur un petit sourire en coin, clôt le spectacle. Un bonus suit tout de même, d’une certaine Diane, un dernier montage photographique de Deiber, un Grand Lamento déconcertant, mais lisez et vous verrez ! Puis viennent les remerciements, nous tournons la dernière page…

…Et ainsi s’achève ce traité d’apocalypse ! Cette prometteuse éditions ne manque pas d’originalité et de concepts intéressants. Ce livre mériterait une meilleure publication, plus massive, et c’est dommage qu’il ne soit plus disponible. Vous ai-je fourni assez de raisons de le lire ? Trop, comme d’habitude. Voici le lien où vous pouviez, au choix, le commander pour une version papier pas chère, en noir et blanc (et ainsi montrer votre soutien) ou le télécharger, histoire de jeter un préalable coup d’œil : Les éditions des Artistes Fous.

13_livresLeur deuxième recueil, Sales bêtes! ou animaux étranges et délires zoomorphiques, qui comporte une nouvelle en plus (téléchargeable elle aussi), Le second événement de Ludovic Klein, sera pour une prochaine fois. Un troisième opus est paru, titré Folie(s), ayant pour thème la Folie et tout ce qui en découle. Un quatrième a vu le jour tout récemment, L’homme de demain, et une collection de poche l’a précédée, Les Contes Roses, et les Contes Marrons dont les premiers volumes sont seulement disponibles à l’achat. Vous verrez bientôt de quoi il en retourne et si les Artistes Fous Associés sauront autant se distinguer. Je n’en doute pas et m’attend à au moins cette même qualité !

Chapitre 2 : rencontre au pays des fous

1. Les artistes de l’image

Quelques dessins sont placés dans le premier chapitre dédié à cette chronique. Ils ont tous été présentés avec l’accord du président de l’AFA dans l’article original sur la Taverne du Nain Bavard. Je l’ai ai relogés pour l’occasion… Ces dessins ne sont pas présents dans le recueil critiqué ci-dessus, mais tous ces artistes, et même plus, y ont placé une de leur œuvre. Ces réalisations, artisanales ou non, passant de tableaux à BD ou crayonnés et montages, sont, comme vous pouvez le voir, très variés et de qualité. Mieux vaut laisser là le « blabla », et préparer une galerie où nous y retrouverons des traits familiers :

14_maniakLe coup de cœur du poulpe : Maniak. Ses collages, ses montages, de ses totem à ses textes, tout forme un magnifique blogEt les autres : Canard Fessée ; FloatinG ; Naamlock ; l’Ananas à Cheveux ; cAmille…(le reste de cette famille, sur le site, dans le coin des graphistes).

15_artistesPlace aux photographes : Phenixx ; FloatinG ; Marmote ; ObsidieNN (le reste de cette famille, sur le site, dans le labo photos) :

16_photos2. Les artistes de l’écran

Par Corvis, qui, avec Naamlock et Adaret, anime la salle de projo’ :

Ce dernier ne m’ayant pas donné de nouvelles malgré le délai qui n’a pas arrêté d’être repoussé, j’ai dû tout compte fait faire paraitre cet article sans sa présentation il y a un an de cela. Je n’ai pas retenté l’expérience de le recontacter… Eh oui, le terme « associatif » reste synonyme de longue attente !

À part un léger manque de communication, qui n’est pas partagé par tout le monde, heureusement, ce groupe reste intéressant, rempli d’artistes doués, et à un président ainsi qu’un vice-président (Southeast Jones) bien sympathique. Souhaitons leur bon courage dans leurs futurs projets.

L’asso produit aussi des musiques par Mochi & Gut Productions et, encore, Naamlock qui à également réalisé un point and click, Far Nowhere, le tout est disponible à la même adresse : lesartistesfous.com. Comme quoi, il y en a pour tous les goûts, jetez-y un œil ou deux, ou trois, ou plus !

Les Artistes Fous Associés sur Facebook, sur Twitter.
Le madtelier d’écriture :
http://madtelierdecriture.blogspot.fr/
Pour voir d’autres critiques et obtenir plus d’informations, cliquez ici.

17_affichePoulpy.

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A propos poulpinounet

Poulpy, c'est un poulpe à tout faire. Il se doit de disperser ses tentacules sur plein de supports... Ce poulpe est graphiste (donc masochiste), il parle de lui à la troisième personne (sérieux ?), est reporter (surtout), et critique. Minimoi s’essaie donc à au dessin, à la photo, et aussi : j’écris (un peu). Mes dessins font place à des montages, les montages à des textes, des histoires, des articles... Blogueur invétéré, Poulp(inounet) ne fait pas que promouvoir la culture, il crée également ses propres œuvres, pour lui comme pour d'autres.
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4 commentaires pour Fin(s) du Monde des Artistes Fous

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