Pierre Brulhet, DarKrün

DarKrün de Pierre Brulhet
chez la Clef d’Argent

«Derrière lui, il sentait la pression de tout un peuple. Il entendait la respiration d’un million d’individus. La tension était à son comble. Manlöck se replia sur lui-même pour se concentrer au maximum. Il savait qu’il ne gagnerait probablement jamais cette course, le DarKrün. Mais qu’avait-il à perdre?»

Un puits sans fond dans un village d’Afrique d’où s’échappent, la nuit, d’étranges créatures buveuses de sang; un arbre magique dissimulant un trésor jalousement gardé par des fées; un corset qui confère un pouvoir fascinant à celle — ou à celui — qui le porte; deux frères qui tentent de s’échapper des enfers; une course folle dans un désert qui ne connaît jamais la nuit…

Des plaines de Mars à la savane africaine, du Moyen Âge au plus lointain futur, 15 nouvelles où le fantastique, la science-fiction, le merveilleux et l’horreur sont pour Pierre Brulhet autant d’occasions de laisser s’exprimer un imaginaire riche et multiforme. – Cf : La Clef d’Argent.

Pierre Brulhet est né en 1971. Après une enfance africaine, c’est en France qu’il viendra étudier l’architecture qu’il exerce désormais à Paris. On doit à ce passionné d’exploration spatiale un projet d’habitat martien que portera peut-être un jour, qui sait, la planète rouge. Des plaines de Mars à la savane africaine, du Moyen Âge au plus lointain futur, le fantastique, la science-fiction, le merveilleux et l’horreur sont pour Pierre Brulhet autant d’occasions de laisser s’exprimer un imaginaire riche et multiforme. – Cf : la Clef d’Argent.

00_coverPierre Brulher,

Auteur de La valise, nouvelle parue dans l’anthologie hommage à Edgar Allan Poe, Nouvelles peaux, des éditions Luciférines, chroniqué par monsieur Nain dans la première partie de son article sur la Taverne du Nain Bavard : Cette nouvelle prend place dans l’actualité. Ce qui permet au lecteur de voir l’évènement sous un angle différent. On retrouve une ambiance de suspens qui nous tient en haleine. […] Très intéressante au niveau du retournement de situation de la fin, cette nouvelle nous révèle à la toute fin ce qu’il y avait dans cette valise. On pourrait s’attendre à tout sauf à ça. C’est sympa, car on se met vite en immersion grâce au style rapide et efficace de l’auteur, avec des descriptions qui nous guident à travers ces quelques pages. – Monsieur Nain.

Ami de Jean-Pierre Favard (auteur d’Insomniaque, nouvelle que vous retrouvez dans ce même recueil), un des auteurs les plus prolifiques des éditions de la Clef d’Argent dont les livres Pandemonium Follies et Belle est la bête on été critiqués par le céphalopode que je suis dans cet article, revisité dans celui-ci, doublé d’une interview. Ami à qui nous devons la préface de ce livre, DarKrün, que vous pouvez lire en intégralité à cette adresse et dont voici un court extrait : […] Les textes que vous vous apprêtez à découvrir sont le reflet de toutes ces vies, de toutes ces envies. Tour à tour torturé ou lumineux, enjoué ou sérieux, charmeur, envoûteur, bonimenteur et faiseur d’histoires, mais plus que tout et quoi qu’il arrive, gothique, féérique et incandescent. Car oui, Pierre Brulhet mérite plus que jamais son patronyme et vous, vous n’êtes pas au bout de vos surprises ni de vos émotions. En fait, pour vous, le voyage ne fait que commencer… – Jean-Pierre Favard.

Cet écrivain que j’ai eu la chance de rencontrer lors du Bloody Week-End il y a deux ans (2013) à qui nous devons cette interview, que vous pouvez lire en intégralité dans la première partie de ce reportage ainsi que dans cet article-ci* : Le fantastique est l’intrusion du surnaturel dans le réel. C’est le moment où tout bascule et l’impossible devient possible, le rêve – ou l’horreur – devient tangible, palpable. C’est très excitant pour l’imagination et c’est pour moi le cadre idéal pour installer mes histoires et faire passer un bon moment au lecteur, en espérant que ma modeste contribution aura fait oublier le temps d’un livre, la grisaille du quotidien. – Pierre Brulhet.

01_dedicacePierre Brulhet, à qui nous devons de nombreuses nouvelles, parues au sein de périodiques (dont Freaks Corp, un magazine dijonnais, et Fetish Chic), et anthologies (aux éditions Trajectoire, Luciferines et du Riez), un carnet de voyage dédié à son projet d’habitacle martien, Entre la Terre et Mars, parue aux éditions À la mesure des mots, des poèmes fantastiques autoédités ou sortis chez quelques microéditeurs et fanzines, dont la Salamandre – revue gothique et littéraire – un scénario de jeu de rôle, ainsi que quelques textes et préfaces. Mais surtout, un conte, L’enfant du cimetière, un roman, Magma, et un livre jeunesse, Le manoir aux esprits, tous trois sortis aux éditions Juste pour lire. Ces informations ont été recueillies sur son site, pierre-brulhet.com.

*Comme promis, voici quelques bribes de notre conversation, recueillies lors du Bloody WE, quatrième édition, sur le stand de la Clef d’Argent : Pouvez-vous me parler de votre travail ? De vos inspirations et de vos influences ?

Et bien j’aime à dire que je suis architecte le jour et écrivain la nuit. Parler de mon travail c’est parler de la façon dont j’écris. Avant tout j’ai besoin de m’isoler. Et la musique m’y aide. Je ne suis jamais aussi concentré pour écrire que quand je prends le train par exemple. Le casque me coupe du monde, me créait une bulle et ne me laisse pas d’autre choix que de plonger dans mon histoire.

Pour commencer un livre, je procède d’abord par un découpage par chapitre. Je sais alors exactement où je vais. Cela me rassure et ensuite je peux développer sur une base solide le récit. J’accorde aussi une grande attention à la fin de l’histoire. J’aime que le lecteur soit surpris.

Mes influences, elles sont nombreuses. La musique d’abord, car je ne peux écrire sans musique. Pour L’Enfant du Cimetière, ce fut les balades de NIN passées en boucles, Le Manoir aux Esprits, le groupe Cranes (l’album Forever) et Magma, les envolées psychédéliques de Muse et le groupe mythique de jazz avant-gardiste Magma. Les livres évidements et des auteurs comme Richard Matheson, Franck Herbert, Jack Vance, J.R.R Tolkien, Michael Moorcock m’ont profondément marqué pendant mon adolescence. Et puis il y a des écrivains de ma génération comme Sire Cédric ou Morgane Caussarieu qui ne me laissent pas indifférent.

02_bloodyDe gauche à droite : Brunz Martin, Jean-Pierre Favard, Pierre Brulhet et Jerome Sorre au Bloody WE de 2013, devant le stand de la Clef d’Argent.

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir auteur ?

J’ai été grandement marqué par l’Afrique. J’y ai passé toute mon enfance (Mauritanie et Côte d’Ivoire). Mes parents étaient coopérants. J’ai grandi avec les histoires, les contes que nous racontaient les gardiens le soir qui surveillaient les villas. Et puis en rentrant définitivement en France vers mes 16 ans, j’ai fait une dépression. Je me suis alors plongé dans les jeux de rôle, la littérature fantastique. Tout est parti de là. D’abord des scénarios pour des campagnes, puis des nouvelles et enfin l’écriture d’un roman. Le tout premier L’Enfer Blanc, écrit lorsque j’avais 20 ans, ne fut jamais publié. Une histoire médiévale fantastique bourrée de défauts de jeunesse. Ce fut un excellent exercice d’apprentissage pour moi. […]

DarKrün,

Ce nouveau recueil de la collection Kholekth – contes et nouvelles étranges et fantastiques – est composé de textes initialement publiés dans plusieurs anthologies, – L’univers magique des fées et Signes chez Trajectoire, Contes du Monde des éditions du Riez – journaux, – La Salamandre, Freaks, Fetish Chic – ainsi que dans un précédent recueil de l’auteur, Le manoir aux esprits sortis chez Juste pour lire (voir les liens ci-avant). Trois d’entre elles – Après…, La cabane et Les fantômes de Mars – sont tout de même inédites, vous les trouverez donc en exclusivité dans ce livre uniquement consacré à cet auteur qu’est Pierre Brulhet.

Certaines de ces histoires sont très courtes, elles ne font que quelques pages, d’autres sont plus développés, dans le sens où elle vous ouvre les portes d’univers plus vastes et complexes. Ces univers sont composites, tant dans leurs formes de dans leurs genres. Vous trouverez ainsi un conte de fées, un conte africain, de l’heroïc-fantasy sur une planète lointaine, une enquête policière, des histoires de fantômes, de l’anticipation, de la sensualité, un drame historique et une épopée de SF. Ces histoires, toutes imaginaires et Fantastiques, je vais à présent vous les décrire :

03_livreLa couverture de DarKrün à été réalisée par Alxperiment (sur DeviantArt).

Le trésor de l’arbre aux fées

Le récit du trésor de l’arbre aux fées, conté comme il se doit, le soir, au coin du feu et par un vieillard mystérieux, excitera sûrement l’imagination du lecteur. Il y retrouvera peut-être les histoires de son enfance. Pour les cinq personnages masculins du conte (les auditeurs du récit de ce vieil homme) c’est une ambition démesurée qui sera suscitée par l’envie de s’approprier ledit trésor. Ces jeunes gens, pressés de prouver leur valeur aux plus anciens, partiront à l’assaut du pays des fées malgré ses dangers. Nous plongeons en plein cœur d’un monde de fantasy, où la magie est en tous lieux. Les jeunes hommes de l’histoire sont extrêmement stéréotypés, puisqu’il est d’usage dans les contes de caricaturer les événements, les noms ainsi que les apparences. Le style est donc plein de légèreté, mais, là où une morale est censée se trouver, il n’y a que quelques bribes d’explications laissant présager une suite, car pour l’instant, nous restons un peu sur notre faim.

Le long puits

Cette nouvelle est également enfantine, comme un conte se doit de l’être. Pourtant, celui-ci est traité différemment puisque son environnement est aux antipodes du précédent. En effet, le premier texte se rapprochait des histoires des frères Grimm et se situait dans un pays froid et boisé, alors que le second se déroule sur les plaines africaines. Le lieu exact n’est pas précisé, il a l’air tout aussi imaginaire que celui du Trésor de l’arbre aux fées, et tiré des souvenirs d’enfance de Pierre Brulhet qui vécut longtemps en Mauritanie et en Côte d’Ivoire où il fut bercé par les légendes locales. Pour revenir à l’histoire, il y a tout de même un point commun entre ses deux textes. La présence d’un passage dans le lieu où vivent les hommes, menant dans un endroit sombre où se regroupent de dangereuses créatures. Même le plus valeureux des guerriers, s’il s’y engage, ne revient pas. Comme nous pouvons nous y attendre, les portes d’un monde souterrain, situé ici dans un puits, ne s’ouvrent que pour la plus innocente des âmes. Cette histoire est celle d’un petit garçon vivant dans une tribu atteinte par une malédiction : chaque nuit de pleine lune, des enfants sont retrouvés morts après avoir été vidés de leur sang par des créatures que personne ne peut voir. Comme vous pouvez le constater, ce conte est bien plus terrifiant que le premier, car il reprend le principe originel de ce genre littéraire et oral, qui est de faire peur aux petits, pour leur inculquer les dangers de ce monde, ou leur montrer comment vaincre les épreuves de la vie, via un bestiaire de monstres malfaisants et de cruelles personnes.

L’histoire est extrêmement marquante et vraiment bien écrite. Elle ne comporte pas de répétitions, comme c’est souvent le cas dans les livres de légendes africaines. Ceci permet à l’auteur de progressivement nous montrer quelques éléments intrigants, en petites doses, tout au long de l’aventure, au lieu de réserver le tout pour la fin. De cette façon, il crée pour nous une ambiance qui devient de plus en plus curieuse. En insérant dans le décor des éléments suggérant le fantastique ou le merveilleux par leur côté mystérieux, comme un puits où des poupées fétiches, il ne fait que décupler l’impression d’étrangeté qui s’échappe du récit. Au cours de l’histoire, le héros, Mamadou, affrontera les mauvaises créatures qui le hantent. Mais ce ne sont pas des monstres tangibles tel qu’on se l’imagine (cela je vous le laisse découvrir), et au long de ses combats solitaires, il apprendra à devenir un homme sage et à faire la paix avec lui-même. Ce conte est vraiment profond, il transmet un message moral très intéressant et ne fait pas que conter les prouesses du héros pour sauver son peuple de la malédiction. C’est à découvrir par vous-même.

04_puitsTrois amours

Ce qui est raconté ici, de nouveau par le biais d’un grand-père et dans des circonstances similaires à celles de la première nouvelle, n’est pas un conte, mais une singulière histoire d’amour, celle d’un homme qui aimait trois femmes différentes. Cette mininouvelle ne se conclura pas à la fin du récit de l’homme, mais avec une triste révélation.

Comme souvent, ces trois pages qui se battent en truelle – celles abritant cette petite histoire rappelant les contes précédents – forment en fait un petit interlude préparant le lecteur à la colossale nouvelle d’après, si énorme qu’elle a donné son nom au livre :

DarKrün

Le thème principal de ce texte de fantasy est l’envie de domination, qui pousse tout être vers la folie. Ce titre, DarKrün, désigne une course folle, tentée par des millions de personnes, qui a lieu sur une planète hostile. La population entière participe à ce jeu afin de gagner le Suprême Pouvoir que détient la reine de ce vaste royaume planétaire, qu’elle offrira à l’unique vainqueur. Cette nouvelle est haletante, nous sommes entraînés dans cette course sans règles ni limites qui déchire un peuple entier, prêt à s’entretuer afin de remporter le pouvoir de la souveraine. Pourtant, sans le savoir, tous ces gens courent à leur perte, car, si vous avez prêté attention à la couverture qui illustre très bien la conclusion de l’aventure, vous savez que l’obtention de ce « pouvoir » à un prix. Si cette nouvelle est supposée être le joyau de ce livre, elle ne fait pas partie de mes favorites. Les personnages ne sont quasiment pas développés, nous ne savons pas en détail ce qui les pousse à participer à cette compétition, si leur motivation est de simplement assouvir un désir de domination en se frayant un passage à travers les corps des autres compétiteurs, ou s’ils ont un intérêt différent. Le fait que les héros se relaient en cours de route n’est pas très dérangeant, pourtant, c’est dommage de ne pas donner la possibilité au lecteur d’entrer dans leur esprit, d’avoir accès à quelques souvenirs qui caractériseraient un peu plus ces jeunes gens. Cela dit, si l’histoire ne décrit pas en détail la planète, son histoire, ses civilisations barbares et sa culture – qui doit peut-être exister en dehors du terrain où a lieu le DarKrün – cela n’empêche pas l’auteur de parsemer sa courte épopée de jolis monstres et fantômes, ainsi que de décors arides et désolés, où les guerres font continuellement rage.

La faille

L’enquête policière traitée ici prends rapidement un tournant fantastique et nous ne savons pas si les événements qui ont eu lieu dans une chambre close d’un hôtel, scène principale où l’action se déroule, se sont réellement passés comme ils ont l’air de s’être déroulés, car l’auteur utilise un petit stratagème bien connu dans le milieu, qui est de faire douter le lecteur sur la bonne santé mentale d’un héros déprimé et alcoolique. Quelques références dans les noms propres nous prouvent que P. Brulhet a définitivement abandonné le genre qu’il privilégiait dans les récits précédents (le merveilleux) pour entrer dans celui du fantastique traditionnel comme le conçoivent Lovecraft et ses pairs. Notre auteur reprend très bien les codes de ce type de récit, en commençant par le fait d’inventer une courte enquête, et de focaliser l’attention du lecteur sur quelques petits détails afin qu’il puisse, lui aussi, résoudre son énigme. Le mystère à éclaircir est celui-ci : un journaliste ayant réservé une chambre d’hôtel pour un mois et formulant le souhait de n’être dérangé sous aucun prétexte se cloître dans ses appartements et ne sort, ni ne fait entrer personne. Pourtant, quand l’inspecteur procède à l’ouverture de la pièce, il la retrouve vide. Mais qui nous dit que la chambre n’est pas hantée par d’abominables créatures dont les noms imprononçables ne nous sont pas inconnus ?

De nombreux écrivains de fiction ont écrit des nouvelles lovecraftienne et se sont laissés entraîner par l’univers du maître rempli d’innommables Dieux et d’autres terreurs multidimensionnelles. Bien souvent, ils reprennent son style d’écriture maniéré. Pourtant Pierre Brulhet n’a pas procédé de cette façon dans cette histoire qui était avant tout destinée à figurer dans un numéro spécial de Salamandre consacré à HPL. Car son écriture est très personnelle, difficilement reproductible. S’il s’attaque à des genres littéraires très codifiés, il ne va pas jusqu’à reprendre les tournures de phrases que l’on retrouve dans les classiques de ces genres, comme le fait Jean-Pierre Favard, qui, parfois, aime mélanger plusieurs univers existants dans un même texte, comme s’il concevait un hommage à un style, plutôt qu’à un auteur en particulier. Pierre Brulhet s’éloigne du récit lovecraftien original pour créer quelque chose d’unique qui lui correspond plus et place son décor dans un lieu un poil plus S. Kingèsque.

05_poulpySignes

Cette nouvelle est quasiment autobiographique. La vie de l’adolescent sensible, à l’imagination décalée, ne supportant pas le fait de devoir retourner dans le système scolaire après les grandes vacances, la déprime qu’il entretient à cause du choc de se retrouver dans un petit coin de Normandie après avoir passé sa jeunesse en Afrique, le refuge qu’il trouve grâce aux jeux de rôles et à la littérature Fantastique, ceci est en tout point similaire au passé de l’auteur. Son admiration pour H.P. Lovecraft est au centre de l’histoire, qui commence avec la découverte faite par un de ses amis du célèbre Necronomicon, le manuscrit maudit, mais imaginaire, qui fait partit de l’œuvre du maître de Providence (là, je ne vous apprends rien, surtout si vous avez déjà lu l’article sur Le monde de Lovecraft). Nous découvrons que Pierre Brulhet, dans sa jeunesse, s’est demandé si le mythe des Grands Anciens était réel et s’il était possible de mettre la main sur le véritable ouvrage impie d’Abdul Al-Hazred. L’intrigue, au début, est coupée par de petits paragraphes décrivant les sensations que la lecture des œuvres d’H.P. Lovecraft lui a procurées. D’autres fournissent des explications à propos du Mythe afin que le néophyte ne se sente pas largué parmi les références, ce qui peut être utile.

Cette expérience qu’il nous décrit, celle qui a changé sa vie, déterminé sa carrière d’écrivain, est celle d’avoir tenté un rituel au bord d’un étang hanté, et d’avoir reçu une curieuse réponse en retour. Le fin mot de cette histoire n’est pas révélé. C’est-elle déroulée de la façon dont elle a été décrite ? L’imagination de l’adolescent à telle amplifié la teneur en surnaturel des événements ? Ou bien tout ceci n’est qu’une fiction inventée par l’auteur ? De nombreuses questions restent sans réponses et nous pouvons ainsi douter de la véracité du souvenir d’une rencontre réelle avec le Fantastique. Après tout, de nombreuses explications rationnelles peuvent être suggérées par le lecteur ne croyant pas à l’existence des fantômes, démons, etc. Mais, à t’on vraiment envie de savoir ce qu’il c’est réellement passé ce soir là, au bord de l’étang, dans la jeunesse du narrateur, où si ce souvenir fait vraiment partit de ceux de P. Brulhet ?

Mac Gothum (le notaire de l’étrange)

Le duo que forme ce Mac Gothum, notaire conservateur et peu ordinaire, et Michael Doug, journaliste investigateur ambitieux, est assez étrange. Ensemble ils mèneront une enquête inquiétante, puisque touchant aux affaires de l’au-delà. Cette histoire est quelque peu intemporelle, nous avons un personnage principal qui semble venir tout droit de l’époque de Sherlock Holmes, l’autre de notre présent, un cadre se situant dans une maison ancestrale, un élément perturbateur venant de l’appel d’une femme morte depuis un demi-siècle, et des revenants de la Seconde Guerre. Le scénario, le voici : un honorable gentleman venant de faire l’acquisition d’une maison – qui appartenait à un couple dont la descendance, composée de onze garçons, ne devait jamais revenir du front nazi – disparaît mystérieusement. Son ami, le journaliste cité plus haut, s’inquiétant de ce silence appela la police. Pourtant, les deux agents affectés à cette enquête se volatilisèrent à leur tour dès leur entrée dans la demeure que l’on devine être hantée. Ce M. Doug invita donc notre « notaire de l’étrange » à l’accompagner dans la maison puisque ses connaissances des lieux peuvent être utiles. Dès son entrée, M. Gothum voyage dans un monde horrifique aux images si claires que nous pouvons tout à fait ressentir un frisson d’effroi à la lecture de ses péripéties. Si les histoires de ce type ne sont pas rares et que vous craignez de tomber sur du réchauffé, sachez que quelques petits détails vous démontreront que celle-ci ne manque pas d’originalité. Le style, déjà, est différent de celui d’un film d’horreur à l’américaine, car le récit est étoffé par un large et riche vocabulaire ; les personnages ne ressemblent en rien aux stéréotypes habituels de ce genre de fiction (jeunes et déterminés) ; la chute est quelque chose, que je vous laisse découvrir. Bref, là encore, nous en avons pour notre argent.

06_gothumFantasm 13

La brièveté du récit ne réduit en rien sa qualité. Il raconte la vie d’un tout nouveau riche qui, même si sa vie est celle que la plupart d’entre nous rêvent d’avoir, se sent seul et vide de toutes ambitions. C’est ainsi qu’il cherche à rompre la monotonie de son existence (que l’auteur accentue grâce à ce cadre qui se situe à mille lieues du dernier, c’est-à-dire sur une île) en arpentant les sites de rencontres. Un jour, sans le vouloir, il rencontre la femme idéale, mais nous, lecteurs, nous nous doutons bien que cette relation, aussi parfaite qu’elle en a l’air, cache quelque chose de bien plus… Étrange. Cette histoire n’appartient pas au Fantastique, mais je ne peux malheureusement pas m’y attarder plus sans vous la spoiler (désolé).

Après…
(un extrait ici)

Comme de nombreux récits d’anticipation, et comme son nom le suggère, Après… est une triste nouvelle, alarmante, car réaliste, mais surtout pessimiste quant à l’avenir de la société. De nos jours, il est compréhensible de prendre pour thème le déclin de la civilisation quand on écrit une nouvelle futuriste. Un auteur très prolifique de la Clef d’Argent, Jean-Pierre Andrevon, nous a livré ses différents scénarios de fin du monde lors de deux recueils que je vous avais chroniqués encore tout récemment. Ici encore, le futur, qui est assez proche, n’est pas réjouissant. L’effondrement de cette société suite à une grave épidémie a rendu les gens violents, car plus aucune limite ne les entravait dans leurs actions, le héros vit donc dans un pays dangereux. Cette histoire est la sienne, celle de représentant d’un des derniers spécimens de l’humanité, survivant des émeutes, que la raison a abandonnée suite à une solitude trop prolongée. La nouvelle est extrêmement contemplative, certains paragraphes sont garnis de descriptions et d’explications à propos des révoltes qu’il y a eu suite à la propagation de la maladie, car ce monde était déjà malade avant sa venue. Ces interludes sont, comme souvent, destinés à faire se questionner le lecteur sur ses réactions en temps de crise, ainsi que sur la précarité de son environnement. Tout cela n’est, encore une fois, pas très réjouissant, mais assez différent des récits habituels, puisqu’au lieu de se focaliser sur les ravages qu’ont causés les humains sur la Terre, l’auteur nous propose d’observer comment la folie s’immisce dans le cerveau du protagoniste. Le personnage se détache donc peu à peu de la réalité, devient méfiant, et s’enferme dans son appartement par peur de l’extérieur. L’histoire se déroule donc en un huis clos entre cet homme prisonnier de ses peurs et un mannequin en plastique qu’il a pris pour compagne. La chute, vous vous en doutez, est évidente, et apporte plus de questions que de réponses, car pendant le temps de la lecture, nous aussi nous avons perdu pied dans l’imaginaire.

Le corset

Un homme assez laid s’entiche d’une stripteaseuse dont la beauté subjugue entièrement le public d’un spectacle burlesque où elle se produit. Cet homme va avoir la surprise de sa vie quand il découvrira que cette femme est prête à coucher avec lui, mais également quand il se rendra compte que son apparence est trompeuse… La magie d’un curieux corset permet d’assouvir tout les désirs de ses porteurs, mais le prix de la séduction peut-être parfois trop élevé.

Les poupées
(un extrait ici)

Un texte un poil plus court, de seulement deux pages, met une seconde fois la sexualité et le désir du personnage principal masculin au premier plan. Ici encore, son excitation est due à un accessoire exagérément sexy, comme l’était le corset de la nouvelle précédente, sauf qu’ici il s’agit de celui d’une poupée de latex. Une fois encore, l’auteur joue sur les apparences afin de montrer que parfois, les fantasmes font faire de bien curieuses choses.

Spécimen
(un extrait ici)

Cette histoire est celle d’un homme qui s’abandonne dans un voyage sans retour, où il apprend à se retrouver, lui, ses origines, sa tranquillité dans un monde vide de toutes présences. Il ne prête pas attention à son avenir et subsiste grâce à ce qu’il trouve sans se poser de questions. Cette quête du bonheur, ce séjour initiatique, si l’on peut dire, il l’entreprend afin de se purifier de la civilisation. Car celle qui vivait dans les lieux sauvages qu’il arpente a déserté l’endroit afin de rejoindre la ville d’où il vient. Pourtant, un jour, les hommes reviennent pour coloniser ses coins solitaires et les détruire afin de construire de nouvelles villes. S’il y a un message écologique, nous ne le sentons pas, mais sommes tout de même tristes de voir que la pureté du monde a été arrachée, car plus personne ne l’a remarquait. Comme il est assez triste de voir cet homme finir sa vie au centre d’un lieu qu’il a voulu fuir, mais qui le rattrape toujours, quoi qu’il fasse. Il est facile de faire le rapprochement avec cette fiction et notre société actuelle, toujours en pleine expansion, qui saccage les richesses de la planète afin de s’en approprier d’autres.

07_specimenDeux frères

Les épopées de deux frères qui se retrouvent en enfer, un royaume assez étrange où les habitants, pour tromper la monotonie des paysages désolés, se provoquent en duel à coup de répliques moqueuses. Pourtant, eux ne sont pas heureux dans ce monde et souhaitent mourir une seconde fois pour trouver enfin la paix. Ils vont donc, avec un de leur ami, trouver une sorcière afin de lui demander conseil. Pourtant, la paix, ils devront l’attendre encore quelque temps… Taillée comme un conte, cette mininouvelle est la dernière du récit puisque les suivantes sont toutes longues. Les noms incongrus des personnages et des lieux font sourire, la chute également, c’est une très bonne histoire, rigolote, que vous pouvez même lire à vos marmailles.

La cabane

Un des récits les mieux réussis du recueil : dans un petit village de Normandie, une petite fille attend le retour de son père, partit au front pour se battre contre les nazis. La naïveté de la gamine, qui ne comprend pas le danger de l’invasion de son village par une troupe de SS, crée un peu de tendresse dans ce texte, mais aussi une énorme tension, car nous ne pouvons prévoir ses réactions. Les soldats sont tels les méchants des films de Tarantino, ils sont vils et cruels, tout en cachant leur jeu derrière une apparente gentillesse envers la petite et sa mère qui, malgré tout, envoie sa fille au milieu des bois, avec un panier rempli de vivre à donner à un certain monsieur et l’emmitoufle dans un beau manteau rouge. Le conte du chaperon est revisité d’une étrange façon, et est aussi sombre que l’original. Cette nouvelle est très triste, car une fois le cadre placé, nous nous rendons compte que le loup peut se cacher derrière le visage de n’importe qui et nous avons pitié pour cette petite fille qui a tout d’une victime.

Les fantômes de Mars
(un extrait ici)

Dans un futur plutôt lointain, un couple d’explorateurs de la planète Mars se retrouve piégé à bord de leur rover suite à un accident. Ils décident donc de faire route vers leur base malgré une tempête de sable et leurs blessures. Ce qui est amusant dans ce scénario, c’est le fait que la base en question a été désignée par P. Brulhet lors d’un projet de la NASA de faire un habitat martien pour les hypothétiques colons qui atteindront un jour la planète rouge. Pierre Brulhet, dans la vie, est architecte. La photo ci-dessous vous révélera notre auteur en train de simuler un périple martien dans le désert de l’Utah, et de tester la solidité de son installation. Si vous voulez en apprendre plus sur ce curieux projet, vous pouvez visiter le site d’archi espace et même, pourquoi pas, commander le livre Entre la Terre et Mars (des éditions À la mesure des mots) dédié à ce projet. Les fantômes de Mars est une histoire de science-fiction, deux mots qui, dans ce cas là, conviennent parfaitement à l’auteur. Car, s’il n’a pas manqué de rigueur scientifique lors de la construction de son habitat martien, il aime tout de même quitter la réalité le temps d’un récit et posé un cadre Fantastique, inquiétant, autour de son logement. Dans cette nouvelle, les martionnautes, comme il les appelle, vont s’apercevoir que Mars n’est pas aussi déserte qu’elle en a l’air et qu’ils sont loin d’être seul à se promener sur sa surface. Ses deux personnages luttent seuls pour survivre dans un environnement extrêmement dangereux, sans aucun moyen de communication, sans bagages et avec très peu d’oxygène. Leur expédition semble donc vouée à l’échec, pourtant, Pierre Brulhet nous a prouvé de nombreuses fois qu’il savait être étonnant…

08_mars01L’équipe d’archi espace dans le désert de l’Utah lors de la construction de l’habitacle martien designé par Pierre Brulhet. Toutes les informations au sujet de ce projet sont sur archi-espace.com.

Quelques liens :

Pour commander le livre/voir d’autres critiques, clefargent.free.fr/darkrun, le site de l’auteur, pierre-brulhet.com, la chronique de Jean-Pierre Favard sur le monde de mateo. Et, voici, en guise de conclusion, une interview de Pierre Brulhet, réalisée spécialement pour la sortie de DarKrün !

Que ressentez-vous à présent que votre recueil, DarKrün, est publié ?

Fierté, joie et un immense soulagement ! Car ce recueil n’a bien failli jamais voir le jour ! Je ne remercierai jamais assez Philippe Gindre qui m’a fait confiance dès le début.

DarKrün est votre premier livre pour la Clef d’Argent, mais nous vous avons déjà vu en compagnie de Philippe Gindre, le directeur de cette édition, lors de salons, comme au Bloody Week-End, par exemple. Cette parution était donc prévue depuis un certain temps ?

Absolument pas ! Ce recueil devait sortir aux éditions Lokomodo. Je connaissais Rémy Guillard, le directeur de collection et cela faisait un moment qu’il me demandait que je lui propose un livre. Durant ces 4 derniers années, je me suis rendu compte que j’avais écrit une quinzaine de nouvelles, pour la plupart publiées dans diverses anthologies. Je n’avais aucun roman sous la main. L’idée m’est donc venu de lui proposer un recueil de nouvelles fantastiques, regroupant tous ces textes et quelques inédits. Il a aussitôt été emballé par le projet. En quelques semaines, c’était signé avec même l’illustration de couverture. Hélas, Lokomodo a fermé ses portes quelques mois avant la parution du recueil. La frustration et la déception furent énormes. Il fallait absolument trouver un autre éditeur. Je connaissais très bien Philippe Gindre des éditions La Clef d’Argent pour avoir fait plusieurs salons ensemble. J’ai toujours admiré la qualité de son travail, sa collection, ses auteurs. Sans trop y croire, je lui proposais de reprendre le projet tel qu’il devait sortir. Il a dit oui. Voilà toute l’histoire.

Pourquoi avez-vous pris la décision de quitter les éditions Juste Pour Lire le temps d’un recueil ?

A l’époque, mon éditeur historique ne publiait pas de recueil de nouvelles. Comme je l’explique plus haut, j’avais ce désir de regrouper mes premières nouvelles pour en faire un recueil. L’idée était de montrer la palette très variées des univers que je traitais en fonction des appels à textes. J’aime expérimenter, me lancer des défis. Passer du conte gothique à la dark fantasy, du fantastique à la S-F ou encore de l’horreur à une intrigue érotique, sont autant d’univers qui me donnent l’occasion de m’exprimer et de ne jamais m’ennuyer. Ma dernière expérience fut de participer à la première Anthologie de la poésie gothique (par Marc-Louis Questin, parue aux éditions Unicité, en décembre 2014), où j’ai écrit pour l’occasion, 5 poèmes fantastiques.

Certaines nouvelles présentes dans ce livre ont l’air de sortir d’épisodes de votre vie (je pense par exemple à Le long puits, qui semble être inspirée par des histoires de votre enfance en Afrique, à Signe, où vous décrivez un souvenir qui semble vous appartenir, et aux Fantômes de Mars, car la station que vous décrivez dans cette histoire semble être bâtie selon vos plans pour la NASA). Est-ce vraiment le cas ?

Oui, totalement. Pour « Signe », cette histoire m’est réellement arrivée. Afin de la rendre plus attrayante à la lecture, je l’ai un peu romancé, mais tout est vrai à 90 %. « Le long puits » me renvoie inévitablement à mes 14 années d’enfance africaine. Grandir en Mauritanie puis la Côte d’Ivoire, marque forcément une vie et a largement influencé ce texte. La nouvelle « Les Fantômes de Mars » renvoie à mon expérience dans le désert de l’Utah en 2006, où j’avais été sélectionné comme architecte pour une mission de simulation de base martienne. Ces 3 semaines coupées du monde, ont radicalement changé ma vie.*

09_mars02D’autres nouvelles ont été écrites pour des occasions bien spécifiques, afin de paraitre dans des numéros de revues dédiées à Lovecraft ou dans des fanzines possédants un style bien particulier, comme Fetish Chic. Était-ce difficile d’adapter votre style à un univers bien particulier ?

Pas vraiment. J’ai un besoin vital d’explorer d’autres univers. Je peux écrire tout autant pour la jeunesse que pour les adultes. J’ai juste besoin de musique, d’un peu de tranquillité, d’être devant mon clavier et je plonge aussitôt…

Préférez-vous certaines histoires par rapport à d’autres ? Si c’est le cas, quelles sont vos raisons ?

Je n’ai pas de préférence particulière. Il y a des textes que j’aime peut-être moins, mais toutes ont quelque chose de particulier car je me suis investi dans chacune d’elles. Je constate avec amusement, qu’avec les premiers retours de lecteurs pour « DarKrün », les avis varient suivant les textes. Chaque nouvelle a son propre univers et résonne différemment suivant la sensibilité de chacun.

Lors d’une précédente interview, vous nous avez parlé de vos motivations en tant qu’auteur, de vos inspirations et de vos débuts. Vous nous avez aussi listé quelque-un de vos projets, et vous devez en avoir de nouveau. Devons-nous nous attendre à de nouvelles sorties ? Quels thèmes aborderez-vous à l’avenir ?

Pour 2015, pas mal de projets en cours. Mon 4ème roman est terminé. Ce sera un polar S-F saupoudré de fantastique. J’espère qu’il sera publié cette année. Sinon, dans quelques mois, doit paraître une anthologie sur les Fossoyeurs de rêves, petit groupe de 7 irréductibles auteurs francophones, dont je fais partie, et dont je livrerai 2 textes inédits très orienté horreur. Il y aura encore 3 ou 4 autres nouvelles dont un collectif dans l’esprit Art Book (nouvelles et illustrations), sous le format Marvel, un somptueux projet sur le thème du vampire.

Avez-vous un message à faire passer à nos lecteurs, ou une recommandation particulière lors de leur lecture de ce merveilleux livre qu’est DarKrün ?

Si vous aimez l’aventure, les univers variés, en passant par la fantasy, l’anticipation, la S-F, le polar horrifique, le fantastique, l’érotisme, alors ce livre est pour vous ! Plongez sans hésiter !

Cette interview est à présent terminée ! Si vous aussi vous avez des questions à poser à Mr. Brulhet, ou envie de vous procurer ses livres, ne craignez plus de rater ses séances dédicace : tout le planning des rencontres est sur la page Facebook dédiée à DarKrün. À bientôt pour une prochaine chronique, sur l’Antre du Poulpe.

10_mars02 11_bibliographie(Montages photos et images réalisés par mini-moi ou récupérés sur Facebook)

Poulpy.

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A propos poulpinounet

Poulpy, c'est un poulpe à tout faire. Il se doit de disperser ses tentacules sur plein de supports... Ce poulpe est graphiste (donc masochiste), il parle de lui à la troisième personne (sérieux ?), est reporter (surtout), et critique. Minimoi s’essaie donc à au dessin, à la photo, et aussi : j’écris (un peu). Mes dessins font place à des montages, les montages à des textes, des histoires, des articles... Blogueur invétéré, Poulp(inounet) ne fait pas que promouvoir la culture, il crée également ses propres œuvres, pour lui comme pour d'autres.
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3 commentaires pour Pierre Brulhet, DarKrün

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