Jean-Pierre Andrevon, nouvelles

Jean Pierre Andrevon

La septième critique littéraire de Poulpy, pour la Taverne du Nain Bavard :

Ses écrits parut aux éditions de la Clef d’Argent, à ce jour au nombre de quatre : deux recueils de nouvelles, un de « nouvelles de poche » et un dernier, de synopsis :

Nouvelles de poche : «Ce n’est qu’une fois prouvé par l’exemple la possibilité d’effectuer la traversée Le Havre-New York en autocar que les gouvernements concernés commencèrent à évoquer, et encore du bout de lèvres, la réalité des changements climatiques.»

«Le conclave mondial des mollahs bute encore sur la question de savoir s’il faut ou non contraindre les femmes à barbe au port du hidjab.»

«Comme il était prévisible, la rumeur concernant la découverte, dans un site archéologique douteux des environs de Bethléem, du crâne de Jésus-Christ enfant, s’est dégonflée aussi vite qu’elle s’était répandue.»

Andrevon ne fait pas de jaloux! Les intégristes de tous poils, et pas seulement les barbus, sont les cibles privilégiées de cet éternel pourfendeur de la bêtise ordinaire, du conformisme social, religieux ou sexuel. Emmené par un goût de la provocation poétique hérité des Surréalistes, il puise dans l’imaginaire de la SF, son domaine de toujours, pour composer ces 528 cocktails détonnants. Vous vous croyez à l’abri? Détrompez-vous, il y en a forcément un qui vous est destiné. À vous de le trouver… avant qu’il ne vous trouve! Un tour de force quasi oulipien: une phrase par nouvelle. – Cf : La Clef d’Argent.

Soixante-six synopsis …et autant d’histoires à écrire : On ne raconte pas Andrevon, on le cite, écrivait Michel Jeury dans la mythique revue Fiction en 1977. Dont acte:

J’écris avec, comme garde-fou, un synopsis préalable né, lui, au hasard: suite à un rêve vivace, à une actualité cocasse ou tragique, en tout cas singulière, une conversation, ou une phrase de cette conversation, parfois un passage, une séquence d’un livre ou d’un film que j’ai envie de revisiter à ma manière. En plus de quarante ans d’écriture, combien en ai-je capturé au vol, pour les épingler tels de brillants insectes sur mes planches entomologistes? Croyez-le ou non, des centaines et des centaines. Le problème, car au bout du compte il y en a un, se résume en une seule et courte phrase: que vont devenir tous ces synopsis? La réponse à ce dilemme torturant est venue toute seule, exactement comme un synopsis de hasard: pourquoi ne pas les publier tels quels? C’est ainsi que j’ai fait le grand saut sans élastique dans mes tiroirs, que j’ai nagé en brasse coulée dans mes chemises, pour en extirper 66 synopsis, nombre imposé par la beauté de l’assonance, et ce dans les genres littéraires les plus divers. – Cf : La Clef d’Argent.

cover2C’est un peu la paix, C’est un peu la guerre : «Nous prendrons les meilleurs élèves, les premiers des sections terminales et quelques étudiants en licence parmi les plus doués. Trente en tout, la contenance d’un autocar moyen, auquel on adjoindra une dizaine de filles, choisies également d’après leurs résultats aux examens, et qui occuperont les strapontins. En ce qui concerne l’armement, ils seront dotés en principe de fusils et de carabines des surplus américains. Mais nous leur donnerons aussi quelques grenades offensives, et deux ou trois revolvers pour ceux qui tiendront le rôle d’officiers. L’embuscade se produira un peu en deçà de la Porte d’Italie, à l’endroit des anciennes fortifications…»

Les nouvelles qui composent ce recueil ont été écrites entre 1960 et le début des années 2000. Certaines ont paru dans Fiction, Charlie Hebdo, Fluide Glacial. La plupart n’ont jamais été rééditées depuis. Contes surréalistes, fables rurales, micro-nouvelles de SF, pamphlets pacifistes ou écologistes… On songe à Jacques Sternberg, Clifford D. Simak, René Barjavel… Puis à Jean-Pierre Andrevon, tout simplement. Car on suit sans peine dans ce recueil, fruit de quarante ans d’écriture, un fil conducteur irrésistible: aujourd’hui comme hier, l’éternel retour de la bêtise humaine inspire à l’auteur les mêmes sentiments. Sa fiction, plus que jamais, en porte témoignage. – Cf : La Clef d’Argent.

Aubes trompeuses : «Je suis arrivé à l’orée d’un mail qui n’est plus qu’un tapis d’herbe carbonisé. Sur un banc de pierre, deux formes penchées qui s’accolent évoquent deux amoureux. Dans les deux cas l’arrière du crâne est éclaté à l’identique sur une bouillie d’esquilles, de sang figé, de mèches raidies. Double suicide? Ou est-ce moi qui, lors d’une précédente expédition?… Je ne m’en souviens pas. Et puis quelle importance? L’important, c’est que je trouve quelqu’un. Que je ne sois pas sorti pour rien. Mon temps utile s’écoule. Bientôt, je devrai rentrer.»

La fin du monde, c’est un peu tous les jours chez Jean-Pierre Andrevon. La fin des mondes, plutôt, tant la réalité future, virtuelle ou fantasmée, espérée ou redoutée, semble se faire multiple dans ces neuf récits de SF où l’un des grands auteurs de l’Imaginaire francophone questionne une fois de plus les relations de l’homme à la nature, à sa planète, à lui-même. – Cf : La Clef d’Argent.

Jean-Pierre Andrevon, interviewé par votre dévoué serviteur, lors du Bloody WE IV édition, en 2013 : Partie 2, Jean-Pierre Andrevon à travers les portes de la Clef d’Argent.

« L’inspiration, elle vient de partout. J’ai l’habitude de dire qu’un écrivain c’est une éponge, il reçoit des trucs et après il les recrache. » – JP Andrevon.

01_andrevonJ’ai des thèmes préférentiels, c’est l’avenir à court terme de l’homme, que je vois de manière très pessimiste. J’ai commencé à comprendre ce qu’était le fonctionnement de la nature, le fonctionnement de la planète et des dommages qu’on lui faisait subir dès les années soixante-dix, quand l’écologie commençait à être banalisée en Amérique. C’était une période très engagée pour ce qui était de la Science-Fiction qui a succédé aux mouvements étudiants, dont le Power-Flower, qui mêlait la politique et l’écologie. Et puis s’il y a eu une mouvance dans ces époques là, l’écriture voulait dire quelque chose, voulait agir sur le monde, ce qui n’est peut-être plus tout à fait le cas aujourd’hui. Ma formation vient de là, c’est une formation citoyenne dans l’écriture et dans la vie, je me considère comme quelqu’un d’assez engagé. – JP Andrevon, son site : http://jp.andrevon.com.

Né en 1937 à Jallieu dans l’Isère, Jean-Pierre Andrevon a publié près de 160 romans, recueils ou essais dans des domaines aussi divers que le fantastique, la SF, le polar, la littérature jeunesse ou l’écologie. Chanteur, dessinateur, il vit à Grenoble entouré de ses nombreux chats. – Cf : La Clef d’Argent.

02_recueilsAubes trompeuses, récemment parut, est la suite de C’est un peu la paix C’est un peu la guerre, datant de 2009, qui est un recueil de fictions et autres textes très diversifiés traitant de la connerie humaine et de la décadence de notre société. Jean-Pierre Andrevon, auteur pessimiste, quoique réaliste, reprends un temps son thème de prédilection – l’anticipation, les mondes au bord du gouffre, dans le gouffre ou postapocalyptique – et continu sa critique très justifiée d’une société proche de l’autoéradication. Voici des sujets que nous avons déjà abordés lors de la lecture d’autres recueils de la Clef d’Argent, Rouge Alice de Sylvie Huguet et le splendide Murmure de Soupirail de Patrice Dupuis sont des exemples frappants, mais ici les décors sont différents, le ton n’a pas le même décalage et tout cela ne manque pas d’humour noir.

C’est un peu la paix C’est un peu la guerre est un recueil de quarante-cinq mininouvelles d’une à cinq pages écrites entre 1969 et 2000 dont certaines ont préalablement été éditées dans des revues telles que Fiction, Charlie Hebdo et Fluide Glacial.

C’est un peu la paix
C’est un peu la guerre

La plupart des personnages décrits par Jean-Pierre Andrevon, qu’ils soient jeunes ou vieux, hommes ou femmes, sont abimés par la vie. Ils cherchent une échappatoire à ce monde, à un événement et sa conséquence, un être ou à une absence de tout cela. Les histoires contées dans ces textes n’ont d’importance que par le ressenti et les réactions de ces personnes souvent bien malades.

04_recto1La première d’entre ces personnes s’emmure dans une routine, tel un retraité qui n’a plus de soutien et d’intérêt. Vivant dans un univers restreint et au calme de toutes aventures, qu’il s’est lui-même créé, cet homme solitaire et débordant de nostalgie, se rend peut-à-peut compte qu’une vie inutile et isolée n’a pas plus de valeurs que celle qu’il a quitté. C’est une approche très étrange pour commencer un livre, une absence d’histoire pour toute histoire. Et tout cela pour confirmer à sa façon un vieil adage, car le titre L’Île, n’a pas été choisi au hasard.

Ce livre commence en effet par la fin. Les deux textes la suivant sont tirés de passages clefs de la vie : un mariage, une grossesse. Et tout cela ne se déroulant pas exactement comme prévu. Comme s’il y avait eu une confusion dans les personnages ne se convenant pas. Comme s’il y avait eu un intrus au sein de leur foyer.

La Bête est une étrange histoire, car on ne sait pas comment la prendre. Peut-être parle-t-elle d’une créature fantastique, peut-être s’agit-il d’une métaphore. En tout cas, comme le reste, elle ne se termine pas très bien. À vrai dire, vous résumer une mininouvelle serait spoiler la moitié. Il est extrêmement fascinant de voir à quel point l’auteur, parlant pourtant de sujets très graves, arrive à en tirer une note d’humour.

05_Rocher1Rocher 1 : villégiature.

La Télévision en est un autre exemple. C’est une critique des programmes télés conçus pour une majorité de personnes, transformant chacun en cette majorité qui copie les gestes et le physique des animateurs et invités. Ses « clones » si absorbés par ces programmes finissent par se sentir personnellement concernés par ce qu’il s’y passe. Ils souhaiteraient sûrement en faire plus que parti, ils aimeraient fusionner avec eux. De plus, cela reprend les nouvelles précédentes, leurs fins que l’on devinait tragiques, et en tire une leçon très déviante, pourtant tellement vraie, car, d’une manière ou d’une autre, tout le monde a envie de faire le buzz. Et mieux vaut que ce soit avec un meurtre plutôt qu’avec le sauvetage de bébés phoques, car nous voulons de la violence, sous une forme qui nous touche, qui soit proche de nous. Progressivement, les programmes qui nous forgeaient se sont remodelés à notre image, ou l’inverse, qui sait ? Cela a fait germer une insidieuse idée dans nos subconscients.

C’est un monde perverti par l’homme que nous montre Jean-Pierre Andrevon. S’il regorge de violences, de peurs, de comédies humaines, cela fait un très bon décor actuel. L’intérêt de tout cela, de rester dans la réalité alors qu’un livre est généralement fait pour s’en extraire, est sûrement les questionnements qui en découleront. Il est vrai qu’une transposition dans un monde de SF ou autre est possible, mais Jean-Pierre Andrevon, cet homme qui a tant vécu déjà, atteint son paroxysme en examinant notre propre société.

06_Corenc1Corenc 1 : l’été.

Il y a également de courts textes dont l’aspect humoristique n’est pas là pour cacher une tragédie, d’ailleurs, peut-on vraiment parler de cela tout en restant dans le ton ? Et puis, il y a L’Espionne au cœur tendre, un récit d’aventures, suivie d’une romance. Le style s’allège afin de correspondre à une longue scène de film d’action où deux femmes fuient soit la guerre faisant rage en arrière-plan, soit la réalité en se fondant soit dans une fiction, soit l’une dans l’autre. La nuit de la tendresse lui répond. Un homme, seul cette fois, s’échappe dans ses livres et n’en sort que le soir pour fréquenter des prostitués afin de se remémorer ses aventures passées ou celles qu’il espérait et ne trouvera jamais. Car il est vrai que la vie ne donne pas autant d’occasions de se sentir vivant qu’un film, qu’un livre ou qu’une mélodie. Ce recueil ne s’enchaîne pas à un monde gris et vide, il trouve sa raison d’être dans ses habitants plus ou moins remplis d’espoir d’une amélioration future.

L’infidèle est un récit d’amour entre un homme et sa voiture qu’il personnifie au point qu’elle devient un véritable être vivant. On ne sait ici si son propriétaire devient si fou d’amour pour elle qu’il s’imagine que sa voiture, dotée d’une conscience, le trompe avec un autre ou s’il hallucine complètement. Le sexe et la violence d’une véritable histoire y sont même présents, ce qui est assez osé sachant que le narrateur n’est pas de la même espèce que sa bien-aimée…

07_Apres_la_pluieAprès la pluie / le musée Verdun.

Le registre change encore dans la nouvelle suivante, Dernières classes, où la crème des étudiants se fait sélectionner pour une épreuve peu orthodoxe puisqu’il s’agit de reconstituer un combat contre l’armée allemande. Ce rituel décrit avec la précision d’un voyage scolaire est choquant en plusieurs points. L’un étant que l’auteur imagine une société où l’élite des jeunes est sacrifiée bêtement dans une guerre factice qui ne mène à rien, si ce n’est à perpétuer nos traditions (que penser alors du devenir des élèves restants ?). Un autre est que l’avenir des survivants est décidé en fonction de leur action de la journée. On voit que peu de choix est laissé à ces jeunes qui se battent pour survivre un temps à l’abri des balles. Cette vision à beau être irréaliste ou caricaturale, elle n’en est pas moins choquante et très bien vue.

Si l’auteur expose son opinion antimilitariste et dénonce la futilité de la guerre ainsi que le peu de considération envers les soldats qui se transforment en machine et les civiles en dommages collatéraux, c’est bien au travers de Le combattant. Le pillage du musée d’Alger n’est pas mal non plus, dans le genre, puisqu’ici ce sont les retombés de la guerre qui sont décrites par le biais de deux hommes armés qui, en leur temps, savait apprécier les arts, mais qui, une fois de plus abîmés par les conflits, ne voient plus rien de la beauté qui a quitté la ville il y a bien longtemps. Quand les décors noircis font place à de grandioses paysages montagnards, c’est pour rapporter que nul n’échappe à la guerre une fois qu’elle s’est installée, que personne ne rentre tout à fait chez soi après tout cela. Dans La Vénus de la montagne, ce sont les veuves qui sont montrées du doigt.

08_Bayard1Bayard 1 : les visiteurs.

La nouvelle onirique Le château à quelques similitudes par rapport à la première puisqu’il s’agit encore de l’histoire pleine de descriptions d’un homme qui, au lieu d’être aussi nostalgique que le premier, rêve de la venue de la femme parfaite, du reste de sa vie et de la création d’une famille de conte de fées alors qu’il reste pour toujours installé dans un vaste château qu’il s’est construit en rêve, avec seulement un chat pour toute compagnie. Sans le voir, coincé dans son monde, à l’abri des réalités qui se mélangent, sans cesse plus chaotiques, il ne sent pas le temps passer et l’aboutissement de ses envies s’écarter du vieil ermite qu’il est devenu.

Un jardin en hiver est une de mes préférées. Elle raconte l’histoire d’une famille campagnarde qui ne peut manger de légumes, l’hiver, car ce n’est pas de saison. Jusqu’au jour où la sœur aînée arrive avec des paniers de légumes d’origine inconnue. Les questionnements sur leur provenance passeront vite puisque les conséquences ne sont rien face au fait que tout le monde puise manger à sa faim. Ce qui me plaît c’est qu’au lieu d’importer un supermarché et des OGM, l’auteur invente une petite chose bien plus magique et vraiment immonde !

09_Terrasse1Terrasse 1 : les eaux.

Beaucoup de nouvelles sont en fait des rêveries couchées sur le papier, des périodes de vie souvent à deux n’apportant aucune joie, futiles. Ce ne sont pourtant pas des apitoiements d’un auteur, seulement de courtes impressions d’écrivain. Antiquités est un texte qui mérite notre attention. Un peu à la Soleil Vert, film où les personnes âgées se font recycler en gâteaux, celles-ci servent de meubles. Leurs propriétaires, une fois lassés par ces ancêtres gênants, les places dans des boutiques sans se douter qu’un jour ils feront partie de leurs rayonnages. Il fallait y penser, et surtout oser. Manger ! est tout autant amusante, car ce sont cette fois les pauvres qui trouvent une toute nouvelle utilité et remplacent les viandes d’animaux dans les assiettes des riches.

Après cet humour tordu, une autre histoire. Une description d’une indéfinissable statue, La Vénus de la ville, qui, par sa forme, se fait se questionner les passants qui se demandent non pas qui elle était, ce qu’elle faisait là en premier lieu, mais bien : que veut-elle exactement. Un ton plus doux, plus contemplatif sépare du reste une autre nouvelle, un coup de gueule, appelé Crime de jeunesse.

C’est un texte d’étudiant, peu engagé, surtout enragé. C’est un cri rageur envers une société qui n’accepte pas les différences, qui hait la vie, qui tue ses citoyens dans une routine, toujours la même, empêchant son monde de vivre. Voilà le point de vue de l’écrivain, ainsi que de celui qui se fait juger, car il n’est pas le modèle de l’homme moderne, se dévouant à sa famille et son travail. Il écrit des livres, il est déviant. Peut-être même a-t-il grandi trop vite, qu’il veut rester jeune et insouciant. Cela ne lui est pas permis, sa vie est dictée par un juge, faisant de lui un rouage utile. Sans possibilité de se défendre, puisque l’expression n’est pas permise, il suit son procès de manière blasé, puisque son destin est déjà fixé. Cette incompréhension partagée par sa femme fait de cette personne quelqu’un de solitaire, de paumé et surtout de pitoyable.

10_Saturne2Saturne 2 : La Maison Hopper.

Peut-être mal placés et reprenant un personnage d’une précédente histoire, Les vaccins parle de trois hommes et deux femmes rescapés de la guerre trouvant refuge dans une librairie transformée en auberge. Le thème de la culture disparaissant à la suite d’un conflit est assez récurant dans ce recueil. Le temps passe et l’on se rend compte que la guerre, quoique finie, ne l’est pas dans l’esprit des gens qui ont tellement gardé leurs habitudes, leurs réflexes et leurs peurs, qu’un rien les fait bondir, qu’ils s’imaginent le pire et laisse leur côté sombre prendre le dessus. Comment vivre en paix après une guerre alors qu’elle a laissé un si gros impact dans les villes et les esprits ?

Suicide est l’histoire d’un homme voulant fuir cette planète d’enragé, qui se meure sous ses sept milliards d’individus avides de ses ressources. Prenant place dans une navette de manière peu réaliste et non expliquée (car ce n’est pas le point important de la nouvelle), il voit la Terre s’enflammer sous lui. Puissante dans son message, elle n’en demeure pas moins simpliste. Une idée comme celle-là aurait mérité d’être un peu plus développé selon moi.

Mais l’auto-destruction de la planète sera reprise plus loin, dans Verticale de l’Histoire. Un Adam et Ève évoluant dans leurs méthodes d’annihilation de leur compagnon, leur adversaire, mais non dans l’abstraction de leur côté primate, toujours présent, les menant à la catastrophe. Les progrès qu’ils font de manière accélérée sont toujours conçus dans le but de continuer la guerre. Rapidement, tout s’y mêle, de l’invention du feu, de la religion, de la poudre à canon jusqu’au nucléaire. Le seul témoin de cela, un vieil homme sur la Lune, s’en attriste beaucoup. Serait-ce Dieu, fatigué par les disputes de ses créations, où un simple être extra-terrestre cherchant un lieu au calme et se rendant compte que malgré sa fuite des conflits, ils sont toujours présents près de chez lui, que tous les êtres lui vouent leur vie ? Peut-être est-ce l’auteur en personne.

11_Rocher2Rocher 2 : apesanteur.

Ce même vieil homme de la Lune se retrouve cité dans un récit très amusant, La pipe. Tout comme les battements d’un papillon pouvant créer un tsunami de l’autre bout du monde, un élément si infime qu’une pipe tombant au mauvais moment et sur la mauvaise personne génère une tempête de colère au sein d’une caserne, puis du monde. Ces irritations passagères, prennent de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure de leur contamination, touchant des personnes de plus en plus hautes placées. Elles créeront un si gros conflit qu’il retombera sur la tête du pauvre soldat qui, à la base, était uniquement fautif d’un faux mouvement. Et voilà comment une petite blague d’écrivain peut générer des fous rires chez ses lecteurs (voir chez les lecteurs du petit critique que je suis, si vous décidez de vous procurer cette œuvre si WDF. Et si vous la partagez à votre tour…).

Le trou n’est pas une nouvelle aussi marrante. Le soldat est décrit dans son trou, à la manière d’un personnage de jeu vidéo qui ne se rend pas compte de la réalité de ses actes, importants peu en comparaison du trophée qu’il pourrait gagner en tuant tous ses ennemis. Cette guerre addictive le faisant vivre dans de désastreuses conditions et avec de creuses promesses pour tout encouragement, qui le mènera à sa perte, car il y a forcément une personne pour piloter ce soldat, et il doit partager cette addiction.

12_Corenc2Corenc 2 : l’automne.

Un conte de fée et de princesse apporte un peu de tristesse à ce recueil. Un écureuil à la fenêtre d’un château, une petite fille vivant dans un monde très triste qui ne veut pas d’elle est emmurée dans une triste chambre. Elle ne s’échappe que pour voir un monde éloigné au sien fait de neige et de mort. Ce monde que l’on dit si laid est tellement vivant qu’elle aimerait s’y mêler. Mais ce serait briser ses illusions. La tapisserie de la reine Mathilde a pour seul point commun avec la nouvelle précédente son cadre hors du temps, mélangeant plusieurs époques, de l’antiquité, des croisades, à la nôtre. C’est un nouvel hommage à l’aveuglement des hommes ainsi qu’à leur soif de puissance, de violence.

C’est un peu la paix, mais c’est surtout la guerre. Le dernier singe à quelque chose de chaotique, dans ces phrases, et dans ces thèmes et personnages maintes et maintes fois repris. Planification est un texte mettant en scène un camp qui n’a rien à envier à ceux des nazis, mais dont l’utilité est différente. Ces gens combattent la surpopulation en s’unifiant en un état policier et en internant les femmes enceintes le temps de leur grossesse afin d’incinérer leurs bébés à la naissance. De la pure anticipation que l’on imagine plus réaliste que dans les nouvelles précédentes. Dragons, un ennemi remplaçant les armées humaines contre qui les civilisations de ce monde se sont battues, lutte pour sa survie et, se sentant menacé, trouve refuge au centre de la Terre. La fin de cette nouvelle est prévisible.

13_Bayard2Bayard 2 : le vent de sable.

Goûter, savourer, en reprendre est une nouvelle quelque peu inquiétante qui déshumanise la « chasse à la femelle » puisqu’il s’agit d’un traité de cannibalisme fait par un professionnel de la cuisine. L’enfer est l’histoire d’un chevalier ayant connu toutes sortes de blessures, dont la pire de toute, celle qui l’ensorcela en premier lieu, mais qui le dépeça de son courage, faisant de lui une âme en peine dénuée d’espoir et d’esprit de révolte, est celle que lui infligea le diable en le jetant dans notre monde. Le facteur, suivi par l’histoire de Kropp sont des témoignages étranges que je vous laisse découvrir…

Le départ de Petits-petons, un texte situé dans une campagne paumé loin de la civilisation où peu de choses se passent, où un jeune fermier, pauvre, idiot, vivant dans la demeure familiale, souhaite partir à la guerre pour ressembler au soldat d’une gravure. Des vacances aux îles, une idée de cadeau d’un père aimant à sa famille parfaite et toujours de bonnes humeurs, ne manquant de rien grâce à celui-ci dont le travail consiste à lancer des missiles. Il fournit ainsi aux peuples du monde civilisé un bon bulletin d’information qui égayera leur routine. La nouvelle Un meeting pour la paix possède une chute très surprenante. Dans un pays en guerre, lors d’un meeting pour la paix qui n’aura pas lieu, une seconde guerre éclate, car personne n’est d’accord sur la façon d’arrêter les conflits. Un dessin au crayon magique, un gribouillage d’enfant devenant réel grâce au cadeau empoisonné d’une fée déclenche une nouvelle fin du monde. La bête de Noël est une histoire racontée par un père de famille lors de bombardements. Il imagine un pays où il n’y a jamais de guerres, car la violence des Hommes est dirigée vers une énorme bête imaginaire qu’ils repoussent à chaque fois.

14_Terrasse2Terrasse 2 : les sables.

L’avant-dernière nouvelle, Pour tout recommencer, décrit une fois de plus l’évolution de l’Homme qui est représenté sous la forme de créatures se transformant rapidement, de poissons en choses ailés, en animaux à pattes, se greffant leurs inventions à la peau, ils quittent leur marre, puis leur planète qu’ils ont saccagée pour rejoindre l’espace, s’étendre tel un dangereux virus, et, à la fin, ils vont trouver un nouveau centre d’intérêt, une marre identique à celle qu’ils ont abandonnée (même s’ils ne doivent plus s’en souvenir). Ce mouvement cyclique et bête est présent dans toutes les nouvelles de ce livre, se clôturant avec Et c’est la fin des jours de transparence. Un auteur se confesse ici. Il s’est fait aspirer par la routine depuis si longtemps qu’il n’écrit plus. Son imagination à disparu avec sa jeunesse, quand il voyait le monde d’une façon plus joyeuse. Là, il ne le distingue plus beaucoup, ou de manière pessimiste. Il imagine les guerres arriver car plus personne ne sait vivre à son époque. Tout est propret, inintéressant et très triste.

Avec Et pour en finir, c’est Jean-Pierre Andrevon qui nous raconte sa vie, le but de ce livre, en guise de postface. À la question, d’où vous viennent vos idées, il répond ici qu’elles viennent de partout, de ces expériences, ses rêves, ses impressions… Il m’avait déjà répondu : « Tout est lié, enfin pour moi, je veux dire, ma vie, le monde, l’écriture, je ne fais pas de différences. J’écris ce que je pense, vraiment, j’exprime les idées qui sont les miennes, sans outrance, sans censure. Tout ça sur l’avenir noir du monde et sur la sauvegarde de la planète avec une conscience écologique globale.« 

15_CentralParcCentral Parc Mistral.

Pour vous procurer ce livre (quelques critiques de confrères y sont également pressentes sous forme de liens) : http://clefargent.free.fr/cplp.php

La fin du monde, c’est un peu tous les jours chez Jean-Pierre Andrevon. La fin des mondes, plutôt, tant la réalité future, virtuelle ou fantasmée, espérée ou redoutée, semble se faire multiple dans ces neuf récits de SF où l’un des grands auteurs de l’Imaginaire francophone questionne une fois de plus les relations de l’homme à la nature, à sa planète, à lui-même.la Clef d’Argent

Aubes trompeuses

Parmi ses sept rééditions précédemment parues dans les magasines Khimaira, Bifrost, Chorus, Rebondir, Viva, Libération et Faërie se trouvent deux nouvelles inédites, Je ne mourrai jamais et Aube trompeuse dont la version écourtée se trouvait dans le second numéro de la revue Gandahar. Plus longues que dans le volume chroniqué ci-dessus, mais gardant ces thèmes, certaines regorgent de descriptions et de références typiques au personnage de Jean-Pierre Andrevon, que ce soit l’écrivain, le chanteur et le peintre. Le choix du titre, Aubes trompeuses (au pluriel) fait référence aux tromperies révélées dans les chutes de ses nouvelles, comme vous pouvez le constater en lisant ses résumés ci-dessous.

16_recto2Némésis : le nom donné à un soleil s’écrasant lentement sur la Terre qui semble s’être arrêtée de tourner, car ses habitants, effrayés, vivent plus ou moins bien cette fin du monde que les gros titres annoncent pour dans deux jours. D’ici là, puisque le compte à rebours ne peut s’arrêter, le chaos se répand dans les villes, devenues zones hostiles, où quelques survivants s’entretuent au milieu des cadavres carbonisés et des incendies. La chaleur de ce nouveau soleil a rendu folle une civilisation déjà en crise et même cet homme déviant qu’est le narrateur ne peut y échapper. La fin du monde est inéluctable, rien ne survivra à la catastrophe, les lois ne servent plus à rien, les pires atrocités peuvent enfin se commettre sans risque. Voilà pourquoi ce personnage douteux laisse aller ses instincts en décimant le monde pour son propre plaisir, et regarde les cadavres en ayant des envies morbides. Retranché dans son confortable appartement le séparant d’une ville en feu, ainsi que dans une pensante solitude, il perçoit de plus en plus distinctement une voie de femme, sa propre némésis, qui le conduit à sa perte. À sa fin, la réalité et le monde virtuel et privilégié du narrateur se mélange tandis qu’une question que personne n’arrive à formuler émerge de son esprit, un simple pourquoi. Sous le choc d’une tragédie annoncée, personne ne se débat parce qu’il n’y a plus rien à faire, à part fuir en pensée une destinée trop horrible, dont la prévisible conclusion n’épargnera personne.

Abondante en descriptions et détails, la nouvelle Il se sent bien parle d’un commercial parcourant le pays pour vendre de l’engrais. Dès les premières lignes, le texte devient engagé, car ce personnage qui semble coupé des réalités, ou du moins, il ne comprend pas les conséquences de ses actes, se plaint des conflits menaçants de nombreux pays du monde, alors qu’il contribue lui-même à sa perte en vendant des produits polluants. Mais cela importe peu par rapport au reste de l’histoire. L’événement déclencheur le frappera violemment pendant une conversation sur les banalités de la vie. Un missile, stoppé de justesse par un satellite de défense créé une boucle temporelle à l’endroit même où, par le plus grand des hasards, passait le train où il se trouvait. Coincé dans ce cercle sans fin, il vivra sa rencontre avec une femme pour le reste de l’éternité. En remontant ainsi le cours du temps, en analysant les actions et réactions au sein du cycle de la vie, nous découvrons que la part d’improbabilité de cette situation est énorme.

17_Apres_la_pluieAprès la pluie.

La science-fiction de Jean-Pierre Andrevon à un petit quelque chose de rétro. Le jardin extraordinaire fait référence à un holodeck, appelé ici morphogénérateur, c’est-à-dire une pièce où sont projetés des programmes holographiques de plaisance où l’utilisateur incarne un observateur ou un acteur dans la scène qu’il s’est trouvé, ou même inventé. Ce futur n’est pas plaisant, comme nous pouvons facilement l’imaginer en connaissant l’écrivain. Les personnages, un couple ne s’aimant pas, mais vivant et couchant ensemble pour éviter la solitude grâce à un contrat prédéfinit, est reclus dans cette pièce coupée du monde réel qui n’est plus vivable depuis longtemps, puisque les guerres l’on enfin achevé. Ils s’enferment dans leurs mondes séparés faits de rediffusions, l’un passant ses journées dans un cabaret depuis longtemps disparu et peuplé par les fantômes de chanteurs tels que Jaques Brel, Brassens, Leclerc, Trénet et autres. Mais même dans cet univers personnel il y a des règles à respecter. Ne pas être « acceptable », dans la norme, avoir des pensées allant à l’encontre d’un gouvernement ne respectant les réalités qu’en apparence, soignant ses citoyens en leur fournissant tout les jeux voulus afin de les garder dans une cage suffisamment dorée pour éviter les révoltes, c’est s’attirer de plus graves problèmes que ceux que nous avons présentement. Dans ce monde tout aussi imaginaire, plus rien n’est créé. Tous les utilisateurs sont passifs à leur façon et vivent inutilement, car il n’y a plus d’avenir possible. Pourtant, dans le reste du monde, « les pays en voie de développement » existent toujours, les guerres, les attentats, les épidémies et tout ce que les médias nous rabâchent à longueur de journée s’amplifient tandis que le reste de la gangrène qu’est l’humain se colle à son cadavre de planète. Le narrateur, préférant s’enfermer un peu plus dans ses passions plutôt que de s’encombrer de relations, ne voit pas venir la destruction d’une société un poil plus réelle alors que sa vie en dépend. Si poétique soit-il, il va s’apercevoir qu’au même titre que ses chanteurs favoris, on ne peut se couper du monde, car la vie, ses méandres et ses problèmes nous rattraperont un jour ou l’autre. Pourtant, le côté fantastique prend le dessus et lui accorde une belle chute, car personne ne sait exactement qui est cet homme.

18_Terrasse1Terrasse 1 : les eaux.

Les six chapitres de Boulot… Boulot ! consacrés à l’honnête et fier travailleur qu’est le personnage, bien endoctriné par les viles flatteries quotidiennes du Centre de Répartition Mondial du Travail, se faisant une joie de dicter la routine du peuple tout en flattant son égo, est une nouvelle descente aux enfers dans un monde pseudo parfait, en surface. Le futur est dangereux, voilà ce que nous disent la plupart des récits d’anticipation, car, comment penser autrement dans notre monde de merde ? (nous demande monsieur Andrevon). Sauf que, là, son invincible superhéros est très optimiste consternant son futur, il n’a qu’à faire tout ce qu’on lui dit et tout sera parfait. Sans compter que l’humour, plus étrange que noir, a remplacé la nostalgie de la nouvelle précédente. La technologie, tout comme le narrateur, a encore une fois une place primordiale dans cet univers surpeuplé et sans ressources naturelles. Pourtant, le pouvoir lui permettant de sauver le monde est celui de manipuler les animaux que l’on voit en bon nombre. Notre sauveur surqualifié, cette machine plus exactement humaine, quasiment parfaite, ne possédant aucune envie hormis celle d’accomplir sa tâche, trouve une utilité. Car il est électricien. Les images de cartoons caricaturaux remplissent les pages, les clichés de la science-fiction et les solutions bizarres aux problèmes étranges s’emmêlent follement, sans pour autant perdre le lecteur. Ce style enfantin racontant les prouesses inimaginables et toujours récompensées fait un peu peur. Mais ce monde est un peu trop coloré pour être vrai, de plus, l’atmosphère se tend à mesure que s’écoule la journée. La crise de nerfs éclate au moment même où est dévoilé le fin mot de l’histoire, très inspiré par la précédente.

Après la mini-nouvelle Solidarité et son humain en patchwork provenant de tous les pays du monde (c’est à lire), vient Dernier appel pour le vol Transatlantique 2026, qui est beaucoup moins drôle. Des fanatiques transformées en martyr par Al Qaeda sous prétexte de pouvoir rejoindre le paradis apportent l’enfer dans le monde en explosant toutes les réserves de pétroles. Cette monumentale connerie, faite par ce groupe d’inconscients, va avoir les pires répercussions sur les populations du globe. Déjà, le Moyen-Orient est rayé de la carte à coup de bombes atomiques, dans nos pays, le chômage a touché l’ensemble de la population puisqu’il n’y a plus d’approvisionnement, de véhicules. Les services de santé n’arrêtent plus les épidémies, les services d’immigration ne stoppent plus personne hormis à coup de missiles, les centrales nucléaires à l’abandon explosent un peu partout… C’est la fin du monde moderne, le retour au Moyen-Âge, aux cultures locales, aux chevaux, aux feux de bois, aux pigeons voyageurs et au banditisme. Les mœurs ont changé entre les années noires suivant 2017 et la date de ce récit, en 2031. La nature a repris ses droits, il n’y a plus de progrès, seulement de la survie, plus d’économie, seulement du troc, et de faux espoirs.

19_Saturne3Saturne 3 : la tour Pernet.

Remarquons le temps : Je ne mourrai jamais, dans le titre de cette aventure un peu plus courte que les autres. Elle parle d’un vieil homme égoïste, vivant, si on peut dire, de la vie des autres, qu’il emprunte quand bons lui semblent, sans se soucier d’eux, car ils ne sont rien pour lui, seulement des « donneurs », dans sa bulle hermétique. Ce riche antipathique, quasiment immortel, se nourrit des plaisirs d’un monde malade appartenant à quelques jeunes privilégiés, se connecte à la réalité en fuyant la sienne et celle de la planète arrivant à sa fin au même titre que son corps malade. Il s’alimente ainsi de plaisir insouciant et dirige le monde à sa façon, en faisant abstraction de ses problèmes, comme des centaines de vieillards séniles (à mon avis, il devait être politicien !). Le texte Les ailes ne poussent qu’une fois s’oppose à cet univers de solitude et un peu mort, car il parle de naissance, de hordes d’enfants pondus à la pelle et se marchant dessus dans une maison de moins en moins spacieuse, puis dans des villes de plus et plus encombrés. C’est encore une histoire de ressources gâchées par des parents ne sachant calmer leurs ardeurs ou utiliser des préservatifs, car il est souvent question de sexe et de femmes dans l’œuvre de Jean-Pierre Andrevon, et elles sont rarement moches. C’était la dernière métaphore de l’homme exploitant trouvée dans ce recueil.

Aube trompeuse : le réveil d’une population après un rude hiver passé à hiberner. L’humain représenté en animal a survécu à ce que nous imaginons être une période très rude. Pendant ce laps de temps passé sous la terre, il émerge, renaît, d’abord pacifique et plus fort encore, plus idiot donc, car, oublieux de sa vie passé et laissant aller son instinct primitif, pour se ruer sur la moindre femelle ou nourriture. Sauf que nous savons tous ce que fait une espèce possédant une puissance supérieure quand elle voit des animaux sortir du sol. Ses humains se font ensuite vite chasser par ce qu’ils interprètent comme étant d’énormes créatures célestes. Mais, tout comme ses monstres cauchemardesques, les apparences sont trompeuses.

20_Rocher3Saturne 3 – La tour Perret de Grenoble, ville de Mr. Andrevon, que vous pouvez retrouver sur la couverture de ces deux recueils. Acrylique par Jean-Pierre Andrevon.

Un livre dans le ton du précédent, dont les messages presque répétitifs transmis au lecteur ont pour but une prise de conscience des idioties et tragédies humaines nous conduisant à notre perte. En se concentrant essentiellement sur les fins du monde et en représentant la décadence de notre genre à son apogée, Jean-Pierre Andrevon nous dévoile ce que cache la banalité de la vie, nous réapprend sa valeur et nous met en garde. Notre folie des grandeurs tout comme nos fictives œillères pourrait bien nous conduire à notre perte.

Un livre à se procurer ici (des extraits sont également disponibles) : http://clefargent.free.fr/at.php ; Toutes les images sont tableaux de Jean-Pierre Andrevon que vous pouvez trouver sur son site, http://jp.andrevon.com/.

À bientôt pour la seconde partie de cet article dédié à deux autres livres hors normes, Nouvelles de poche et Soixante-six synopsis, du même auteur !

Poulpy.

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A propos poulpinounet

Poulpy, c'est un poulpe à tout faire. Il se doit de disperser ses tentacules sur plein de supports... Ce poulpe est graphiste (donc masochiste), il parle de lui à la troisième personne (sérieux ?), est reporter (surtout), et critique. Minimoi s’essaie donc à au dessin, à la photo, et aussi : j’écris (un peu). Mes dessins font place à des montages, les montages à des textes, des histoires, des articles... Blogueur invétéré, Poulp(inounet) ne fait pas que promouvoir la culture, il crée également ses propres œuvres, pour lui comme pour d'autres.
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4 commentaires pour Jean-Pierre Andrevon, nouvelles

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